mardi, 26 août 2008

Réconcilier l'économie et l'environnement

Pour beaucoup d'entrepreneurs, l'écologie a longtemps été synonyme d'obstacle à la croissance. Fort heureusement, depuis quelques années, les milieux économiques sont de moins en moins enclins à refuser systématiquement les propositions visant à protéger notre environnement ou à lutter contre le réchauffement climatique au seul motif que "c'est nuisible pour l'économie". En effet, ce refrain simpliste ne fait plus de sens, parce que l'économie et l'écologie ont besoin l'une de l'autre.

Contrairement aux mesures excessivement contraignantes et aux interdictions systématiquement préconisées par certaines formations politiques, c'est par des incitations, et par une politique fiscale favorable aux particuliers et aux entreprises qui limitent leur consommation d'énergie, que l'on obtiendra les résultats escomptés en matière de protection de l'environnement et de lutte contre la pollution. Par ailleurs, il s’impose de faire de l’Etat un exemple à suivre en la matière.

L’Assemblée constituante qui sera élue le 19 octobre 2008 est une chance réelle de consacrer au développement durable une place digne de ce nom dans notre ordre juridique et de faire de Genève une capitale mondiale de l’écologie. Si les prescriptions techniques n’ont pas leur place dans une constitution, l’adoption de lignes directrices fortes, qui par la suite seront mises en œuvre par la loi, permettra d’atteindre ce double objectif.

Ainsi, la nouvelle constitution genevoise pourra comporter des principes fiscaux favorisant les investissements écologiques et l’acquisition de véhicules et d’immeubles consommant peu de carburants et d’énergie, et prévoir que l’Etat et les communes privilégient les énergies renouvelables, en limitant leur consommation d’énergie à ce qui est nécessaire.

Commentaires

Au développement durable, on peut opposer la décroissance soutenable


http://fr.ekopedia.org/D%C3%A9croissance_soutenable

Écrit par : PtitSuisse | mardi, 26 août 2008

Mais quelle horreur !

Écrit par : Murat Julian Alder | mardi, 26 août 2008

"Mais quelle horreur !"

Le contraire m'eut étonné, c'est bien ce que je pensais: votre "soupe électorale" n'est finalement que du "green washing".

Je pense que vous ne savez même pas ce que c'est que le paradoxe de Jevons... Mais vous n'avez pas besoin de le savoir, les lobby qui vous manipulent le savent très bien, eux ;-)

Écrit par : PtitSuisse | mardi, 26 août 2008

Si vous faites référence à cette théorie selon laquelle, en faisant des économies d'énergie, on augmente la consommation, oui, je sais ce qu'est le paradoxe de Jevons.

La "décroissance soutenable" est sans doute encore une invention de ces gens qui sous couvert d'écologie ne cherchent rien d'autre qu'à faire passer par la petite porte leurs idées communistes, et à ça, en tant que démocrate, je ne peux que dire "quelle horreur !".

Mais peut-être avez-vous une autre alternative intéressante à l'économie de marché et à la société de consommation ?

Écrit par : Murat Julian Alder | mardi, 26 août 2008

>Mais peut-être avez-vous une autre alternative intéressante à l'économie de
>marché et à la société de consommation ?

Je me permets d'intervenir.

Non, personne n'a de système alternatif tout prêt, clés en mains, à fournir. Mais il faudra l'inventer, que vous le vouliez ou non. L'humanité n'aura pas le choix, elle se heurtera aux limites de la biosphère. Le pétrole viendra à manquer, le climat se dérègle toujours plus vite (comme nos émissions de CO2), et il arrivera un moment où il ne sera tout simplement PHYSIQUEMENT plus possible de continuer avec l'économie actuelle qui est basée sur l'augmentation des flux de matière et des transports.

La "croissance" écologique n'existe pas! Il n'est pas possible de faire augmenter la production, les services et les flux d'argent sans, en parallèle, augmenter notre consommation de matières premières, d'énergie et donc la pollution à tous niveaux. Même les services consomment énormément d'électricité (les premiers black-out en Californie étaient dûs à la multiplication des ordinateurs et gros serveurs, typique d'une économie censée être post-industrielle)!

C'est que ce n'est pas SEULEMENT un combat "moral" ou "éthique" pour nous faire revenir dans une juste mesure de civilisation qui ne cesse de toujours consommer plus, c'est AUSSI une question de limites géo-physiques!

Arrivera un moment, avec le pic des hydrocarbures où la quantité d'énergie disponible sur terre décroîtra. Cette décroissance est inévitable, elle est physique. La technologie n'y pourra RIEN : nous arriverons bientôt à un moment où il nous faudra décroître.

Reste à savoir si vous préférez décroître démocratiquement, en décidant dès aujourd'hui que la société elle-même se prenne en main et pose des limites claires (pas de véhicules consommant +de 10l/100km, moratoire sur l'extension des zones à bâtir, relocalisation progressive de l'économie, relance de l'agriculture non-industrielle de proximité, décroissance de notre consommation de biens, etc.)... ou alors si vous préférez attendre d'être dans le mur, de manque d'énergie et de ne pas s'y être préparé et de lancer des guerres sanglantes pour les ressources tout en instaurant des dictatures qui géreront les ressources.

Vous êtes allergique à l'idée de décroissance car elle va à l'encontre de vos théories économiques, mais il faut vous rendre à l'évidence : les théories économiques vont précisément à l'encontre des lois naturelles (pic de Hubbert, effet de serre, etc.).

Je préfère soutenir aujourd'hui une décroissance démocratique plutôt que d'avoir à subir une dictature qui nous impose ces choix demain!

Écrit par : Sandro Minimo | mardi, 26 août 2008

Je serais assez curieux d'avoir votre point de vue après mon petit texte. Je ne prétends pas pouvoir exiger une réponse, mais votre sentiment m'intéresse.

Je sais parfaitement que les théories qui sont à la base de ce mouvement de la décroissance vont parfaitement à l'encontre de votre manière d'interpréter le monde (croissance illimitée, libre-marché, technologie/innovation qui résoudront nos problèmes, etc.), et je conçois parfaitement que tout ceci soit difficile à prendre en considération (et je dis ça sans condescendance), mais malheureusement les ordres de grandeur et les chiffres le prouvent. Nous sommes à l'aube d'une catastrophe climatique, nous sommes dans la 6ème plus grande extinction d'espèces à l'échelle planétaire, et nous allons tôt ou tard rentrer arriver à la fin de l'âge d'or énergétique du pétrole bon marché.

Que faire?

Nier la réalité en contestant les conclusions de la communauté scientifique (comme le font encore de très nombreuses personnes de droite)?

Croire que la technologie va nous sauver (alors que le progrès technique n'a fait qu'augmenter la consommation d'énergie ces 100 dernières années)?

S'engager dans une logique de développement durable qui ne change rien des logiques du monde (consommer/produire toujours plus) et ne fait que repousser le problème d'une ou deux décennies?

Décider, aujourd'hui, de poser les bases d'une réflexion (où la droite a clairement sa place!) autour d'un projet de société "radicalement" démocratique où nous déciderions ensemble des différentes méthodes pour arriver à décroître sereinement, en utilisant ensemble toutes les méthodes possibles (éducation, sensibilisation, incitations, mécanismes de marché, interdictions lorsque tout le reste ne marche pas - comme avec les gros véhicules, etc.) sans attendre d'être dans le mur pour réagir?

Je me réjouis de vous lire!

Écrit par : Sandro Minimo | mardi, 26 août 2008

"Mais peut-être avez-vous une autre alternative intéressante à l'économie de marché et à la société de consommation ?"

Le communisme ou le capitalisme sont deux théories écononoiques, pas la décroissance. Le terme "décroissance" est surtout un terme slogan d'opposition à la "croissance", mais en soi il s'agit plutôt d' "a- croissance", dans le sens de sortir de la logique économique.

Pour l'instant tout se mesure tellement en terme de "richesse", et du reste d'une définition purement matérialiste de la richesse, que de parler de décroissance fait penser à une destruction de la richesse, ou d'une perte de richesse à venir. Rien de celà dans la pensée décroissante: il s'agit bien plus d'enrichir l'humanité d'autre chose que de bien matériel.

Pour caricaturer (c'est donc forcément réducteur), on peut dire que le communiste veut partager équitablement le capital, le capitaliste veut que le capital se concentre dans les mains des plus "méritants", le décroissant n'en a rien à battre du capital ;-).

Écrit par : PtitSuisse | mardi, 26 août 2008

désolé pour les fautes de frappes ;-)

Écrit par : PtitSuisse | mardi, 26 août 2008

Tiens, il y avait ce soir sur France3 un film intéressant pour comprendre la décroissance, "Mondovino".

Je retranscris ici un passage du film: il s'agit d'un petit viticulteur sarde qui parle de sa vision de la culture de la vigne, on l'entend au début et à la fin du film, des propos "terriens" plein de bon sens

"Avant, les collines étaient recouverte de petites plantations, tout le monde en cultivait [de la vigne], il y avait des vignes partout. Maintenant les gens sont devenus paresseux, chassé par le consumérisme. Ils ont perdu leur identité. Ils ne savent plus d'où il viennent ou où ils vont. Souvent ils se font du mal. Nous nous sommes réduit au niveau des animaux. Mais au moins les animaux choisissent ce qu'il mangent. Nous avons perdu notre dignité"

"Que nous soyons riche ou pauvre n'a pas d'importance. Nous somme des gens dignes, des gens fiers. Mais ça a pris des milliers d'année. Nous avons une très ancienne culture ici en Sardaigne. Les hommes ont toujours vécus ici avec dignité. Ainsi pourquoi ne devrions nous pas vivre dans la dignité aujourd'hui ? Mais nous ne devons pas être distrait par les illusions du progès, qui peuvent nous détruire, et détruire la nature, et apporter la souffrance aux autres. Nous aspirons juste à vivre dans la tranquilité sur cette terre. Et il y a encore de la place pour les autres"

Écrit par : PtitSuisse | mercredi, 27 août 2008

Cher Sandro,

Veuillez m'excuser d'avoir tardé à vous répondre.

Je comprends votre sentiment, et d'une manière générale, je le partage. Le problème, c'est qu'en Suisse, on aurait beau faire tout notre possible pour limiter notre consommation énergétique, cela n'aura qu'un impact très limité sur le plan mondial, là où se joue l'avenir de notre planète.

Vous me direz, ce n'est pas une raison pour immiter la Chine et les Etats-Unis, et vous auriez parfaitement raison. Cependant, si on veut véritablement faire quelque chose, il faut agir sur la scène planétaire. Mais pour cela, il faut une réelle volonté internationale. Hélas, la priorité de beaucoup de pays, notamment des pays pauvres, est ailleurs qu'à la protection de l'environnement, au point que les discours écologiques vont jusqu'à les agacer.

Les scientifiques ont beau unanimement tirer la sonnette d'alarme, les Etats ne semblent pas pressés de réagir. Alors que faire ?

C'est connu, des choses toutes simples, dans notre quotidien, peuvent limiter notre consommation d'énergie et contribuer à l'environnement : couper l'eau sous la douche pendant qu'on savonne, ne pas jeter la nourriture, ne pas laisser la lumière allumée dans une pièce que l'on quitte, réduire le chauffage et s'habiller plus, trier le papier, l'aluminium, le verre, le PET, les textiles, etc...

Le problème, c'est qu'on entre dans la sphère privée des gens. C'est pourquoi je crois d'avantage dans l'éducation et la sensibilisation que dans les interdictions et les contraintes inutiles et contreproductives.

Ainsi, si je suis plus que favorable à la pose oligatoire de catalyseurs et de filtres à particules fines sur les véhicules et à l'imposition des standards Minergie Plus pour les nouveaux immeubles, je suis en revanche opposé à l'interdiction des 4 x 4. Chacun est libre de choisir sa voiture pour autant que celle-ci remplisse certaines normes techniques. Interdire, c'est trop facile. Rien qu'en augmentant les taxes sur les véhicules plus polluants, on peut orienter, inciter les gens. Cela est beaucoup plus constructif et efficace qu'une interdiction.

D'ailleurs, l'initiative des Verts n'est rien d'autre qu'une initiative anti-voitures, parce que la voiture est le symbole par excellence du capitalisme. Le problème avec les Verts, c'est qu'ils ne comprendront jamais que ce qui est problématique avec la voiture, ce n'est pas la voiture en tant que telle, mais bien le carburant !

Bien à vous,

Murat

Écrit par : Murat Julian Alder | samedi, 30 août 2008

"Le problème avec les Verts, c'est qu'ils ne comprendront jamais que ce qui est problématique avec la voiture, ce n'est pas la voiture en tant que telle, mais bien le carburant !"

Non, la voiture prend de la place, aussi peu polluante soit elle. Elle façonne totalement notre environnement bâti et non bâti de par la place qu'il faut lui accorder, et faut il vous rappeler qu'en Suisse, si il y a bien quelque chose qui va rapidement manquer, c'est de la place...

Écrit par : PtitSuisse | samedi, 30 août 2008

>Veuillez m'excuser d'avoir tardé à vous répondre.

Disons que ça ne serait pas du tout grave si au moins vous répondiez à mes questions sur l'obligatoire décroissance énergétique qui est devant nous qu'on le veuille ou non... et de comment faire pour négocier ce virage!

>Je comprends votre sentiment, et d'une manière générale, je le partage.
>Le problème, c'est qu'en Suisse, on aurait beau faire tout notre possible
>pour limiter notre consommation énergétique, cela n'aura qu'un impact
>très limité sur le plan mondial, là où se joue l'avenir de notre planète.

C'est vrai dans les chiffres. Sauf que la Suisse jouit également d'une influence au niveau mondial. Les chercheurs et les politiques du monde entier qui travaillent sur les questions d'environnement sont à l'affût de toutes les nouvelles initiatives qui se prennent dans le monde pour limiter la consommation de pétrole et limiter le CO2. Nous avons suivi à grandes enjambées la révolution industrielle.

Et si aujourd'hui nous nous mettions à montrer un autre chemin, si nous nous mettions ensemble à réfléchir à de nouveaux modes de vie (moins dépendants du pétrole, moins dépendant de la bagnole et moins riche en pollution), nous pourrions montrer la voie. Pour un pays comme le nôtre qui a tellement profité de la révolution industrielle et des richesses, c'est une obligation morale que de changer de voie.

Reste que la Suisse est dépendante à 57% du pétrole et qu'elle est le lanterne rouge européenne en terme de consommation des véhicules par km. Alors c'est même simplement pour notre sécurité économique, que, dans un monde de pétrole rare et cher tel qu'il arrive devant nous, nous DEVONS décroître notre consommation d'énergie!

>Vous me direz, ce n'est pas une raison pour immiter la Chine et les
>Etats-Unis, et vous auriez parfaitement raison. Cependant, si on veut
>véritablement faire quelque chose, il faut agir sur la scène planétaire.
>Mais pour cela, il faut une réelle volonté internationale. Hélas, la
>priorité de beaucoup de pays, notamment des pays pauvres, est ailleurs
>qu'à la protection de l'environnement, au point que les discours
>écologiques vont jusqu'à les agacer.

Pourquoi "notamment des pays pauvres"? Jusqu'à présent c'est le plus gros pollueur mondial et la plus grande puissance mondiale qui a toujours refusé de signer les traités! Il est EVIDENT que tant que les USA (le leader mondial de la destruction de la planète depuis un siècle) n'ont pas entamé une reconversion vers des modes de vie plus soutenables, il n'y a AUCUNE raison pour que l'Inde ou la Chine ne se décide à fournir le moindre effort. C'est encore une fois une question d'obligation morale. L'immense majorité du réchauffement actuellement constaté est dû aux émissions de CO2 de ces 150 dernières années, qui sont strictement le produit des pays riches, comme les USA, l'Europe, le Japon ou l'Australie.

La décroissance doit donc commencer par eux (et donc par nous)! Pour la Chine et l'Inde, on ne peut que leur souhaiter de se développer autrement qu'actuellement, mais tant que l'économie chinoise repose sur l'exportation de gadgets et d'objets achetés en quantités astronomiques par les occidentaux on ne pourra rien espérer de bien. C'est donc encore une fois à NOUS de décroître notre consommation d'objets (téléphones portables, ordinateurs, écrans TV, etc.)!

>Les scientifiques ont beau unanimement tirer la sonnette d'alarme, les
>Etats ne semblent pas pressés de réagir. Alors que faire ?

Si les choses ne bougent pas c'est parce qu'il y a, partout dans le monde occidental, des gens comme ceux de votre parti, qui prônent l'immobilisme. C'est parce qu'il y a partout en occident, des gens comme à Genève Pierre Kunz, Jean-Claude Delaude, Jean-François Mabut et dans une certaine mesure Philippe Souaille, (pour citer quelques éminents blogueurs-TDG de droite) des gens qui s'échinent à nier la part humaine dans le réchauffement climatique ou à prendre en compte la déplétion future du pétrole. Comme c'est le cas en France (Claude Allègre et d'autres penseurs libéraux), aux USA (néo-cons, etc.), etc.

Pourquoi ces gens qui ne veulent pas admettre la réalité? Parce que toutes les valeurs sur lesquelles repose leur vision politique, tout ce qui fait les raisons de leur engagement (libre-marché, croissance, économie avant tout, liberté de polluer sans contrainte, etc.) sont balayées par les perspectives qui sont devant nous. Dans un monde aux ressources limitées physiquement, une croissance infinie n'est pas possible. Dans un monde où l'énergie va devenir rare et chère, le libre-échange total (consommer des pommes du Chili parce qu'elles sont moins chères) n'a plus aucun sens! Sur une planète qui se surchauffe à cause précisément du développement de l'industrie et des activités humaines, il est aberrant de parler encore de développement (fût-il durable!) pour des pays obèses et sur-riches comme les nôtres! Bref, tous les piliers théoriques du capitalisme mondialisé s'effondrent.

>C'est connu, des choses toutes simples, dans notre quotidien, peuvent limiter notre consommation d'énergie et contribuer à l'environnement : couper l'eau sous la douche pendant qu'on savonne, ne pas
>jeter la nourriture, ne pas laisser la lumière allumée dans une pièce que l'on quitte, réduire le chauffage et s'habiller plus, trier le papier, l'aluminium, le verre, le PET, les textiles, etc...

Argh. Vous croyez VRAIMENT qu'en coupant l'eau sous la douche on va sauver la planète? Vous avez une idée des ordres de grandeur? Vous savez les quantités gigantesques d'eau qu'il faut pour produire une voiture, extraire du pétrole, fabriquer des céréales à transformer en viande? Les gestes que vous décrivez sont certes importants à promouvoir, mais vous savez aussi bien que moi qu'ils ne résoudront RIEN. Aujourd'hui ce qui pose problème c'est notre sur-consommation de pétrole, de viande, d'eau et d'objets en tout genre. Les "éco-gestes" n'ont aucune prise là-dessus, ils réduisent à la marge les gaspillages.

Quant au recyclage : oui, c'est bien. Mais ce n'est qu'un pis-aller. Une VRAIE solution serait de limiter les emballages et de revenir au système des consignes! Au lieu d'utiliser UNE fois une bouteille en verre, de la briser en 1000 morceaux, de la refondre et de la refaire (ce qui demande une quantité d'énergie énorme) comme on le fait avec le recyclage du verre, on pourrait simplement REUTILISER les bouteilles vides! Sauf que ce n'est pas si rentable économiquement et que -comble apparent pour un écolo- vous détruisez des emplois dans l'industrie du recyclage... alors que ce serait le bon sens même que d'aller faire remplir sa bouteille de lait plutôt que d'utiliser des emballages qu'on prend, qu'on jette et qu'on refond.

>Le problème, c'est qu'on entre dans la sphère privée des gens. C'est pourquoi je crois d'avantage dans l'éducation et la sensibilisation que dans les interdictions et les contraintes inutiles et
>contreproductives.

Je crois aussi à l'éducation. Mais il faut se rendre à l'évidence : dans plein de cas ça ne suffit pas à faire bouger les choses.

>Ainsi, si je suis plus que favorable à la pose oligatoire de catalyseurs et de filtres à particules fines sur les véhicules

Les catalyseurs c'est fait depuis longtemps... les filtres à particule, c'est ce que propose l'initiative des Jeunes verts....

>et à l'imposition des standards Minergie Plus pour les nouveaux immeubles,

Chiche? Vous défendez ça pour la constituante? Vous en avez parlé aux lobbies de l'immobilier? Parce que c'est une mesure sacrément "contraignante"!!!

>je suis en revanche opposé à l'interdiction des 4 x 4. Chacun est libre de choisir sa voiture pour autant que celle-ci remplisse certaines normes techniques.

1- Il ne s'agit pas d'interdire les 4x4, mais les véhicules trop polluants ou trop dangereux, donc les très grosse cylindrées. À quoi cela sert-il d'avoir un véhicule de 2.5 tonnes en Suisse? FRANCHEMENT? On peut TOUT faire aujourd'hui avec des voitures (même 4x4) moins polluantes.

>Interdire, c'est trop facile. Rien qu'en augmentant >les taxes
>sur les véhicules plus polluants, on peut orienter, inciter les gens.
>Cela est beaucoup plus constructif et efficace qu'une interdiction.

Vous êtes donc pour les taxes? M'est avis que si l'initiative avait proposé une taxe, les radicaux auraient hurlé au scandale!

De plus la taxe ne résout en rien le problème : un acheteur de grosse voiture paie déjà son véhicule 2 fois plus cher qu'un autre, et en plus il consomme parfois 2 fois plus d'essence. Comment voulez-vous qu'il soit touché par une taxe? Au contraire!! Une taxe lui donne encore plus l'occasion de montrer qu'il a du fric (ce qui est le seul objectif lorsqu'on roule dans une Range Rover en ville)...

>D'ailleurs, l'initiative des Verts n'est rien d'autre qu'une initiative anti-voitures, parce que la voiture est le symbole par excellence du capitalisme.

En l'occurrence ce n'est pas vrai. Je suis personnellement anticapitaliste et antivoiture, mais ce n'est pas du tout le cas des Jeunes Verts, parce que sinon leur initiative aurait été beaucoup plus radicale! Ils veulent juste limiter la pollution des véhicules.

>Le problème avec les Verts, c'est qu'ils ne comprendront
>jamais que ce qui est problématique avec la voiture, ce n'est pas la voiture en tant que telle, mais bien le carburant !

Eh bien là encore on n'est pas du tout d'accord. La voiture occupe un espace considérable en Ville, si bien que 70% de la voirie (espace supposément "public") lui est réservée. 70%! C'est plus qu'une domination absolue. Ma dernière note revient d'ailleurs sur le sujet. Nous sommes devenus aveugle aux problèmes que pose la surcharge de véhicules énormes dans nos petites rues parce que nous avons tellement l'habitude de les voir que nous en avons perdu tout sens critique. Or, allez dans n'importe quelle rue de Genève et vous verrez quoi... des gamins qui jouent? des piétons et des cyclistes en sécurité? de la joie de vivre et des terrasses? Non, partout, partout, partout, il y a des voitures. Stationnées, en circulation, en attente, peu importe : il y en a partout. Partout. Et ce, alors que près de 50% des citadins n'ont pas de voiture. Et ils subissent les nuisances des autres.

Ah, et dernière chose... le problème du carburant... Parce que vous pensez VRAIMENT qu'il existe (ou qu'il va exister) une alternative miracle au pétrole pour faire avancer des bolides d'1.5 tonne?

Écrit par : Sandro Minimo | samedi, 30 août 2008

Faux, les Verts ont le sens du business, leurs associations faîtières sont les premières à exercer le "droit de recours" pour parfois se rétracter et obtenir des compensations financières.
Chez les Verts comme ailleurs, il y a les "Modernes" qui pensent que l'économie est conciliable avec l'environnement et sont en faveur des nouvelles technologies et il y a les "Anciens", assez rétrogrades et prônent le retour en arrière sans voiture, avec des restrictions qui ne sont plus compatibles avec la modernité dans laquelle nous vivons.

Écrit par : demain | samedi, 30 août 2008

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