jeudi, 15 mars 2012

Le rendez-vous manqué des Vert apostrophe libéraux genevois

Hier soir, malgré plusieurs invitations au dialogue du PLR, le Parti Vert'libéral genevois a pris la décision de lancer son président dans la course à l'élection complémentaire du Conseil d'Etat du 17 juin prochain. Dont acte.

Quelques jours plus tôt, dans le canton de Vaud, au lendemain d'une élection au Grand Conseil qui a vu le PVL obtenir 7 sièges sur 150, ce parti a modestement renoncé à ses prétentions gouvernementales en soutenant le 4ème candidat de la droite, l'UDC Claude-Alain Voiblet, en vue du deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat. Il en va de même du PDC, dont le mieux élu de ses députés, Claude Béglé, a déclaré dans la presse : "je ne voudrais surtout pas qu'une candidature centriste au second tour puisse perturber le jeu entre les principaux protagonistes de cette compétition".

Le contraste avec l'attitude des Verts'libéraux du canton de Genève est saisissant. Cette jeune formation, qui ne compte que 11 représentants dans les conseils municipaux, dont 2 ont été élus sur une liste du PLR, ne dispose d'aucun élu au Grand Conseil.

Par ailleurs, alors que sa liste pour l'élection du Conseil national d'octobre dernier était apparentée à celles du PDC et du PLR, ce parti prend désormais le double risque de s'isoler de la droite, et surtout de créer les conditions favorables à un basculement à gauche du Conseil d'Etat. En effet, dans un contexte d'élection triangulaire, les quelques pour-cent des voix que les Vert'libéraux peuvent espérer atteindre pourraient priver le candidat de la droite des voix nécessaires pour passer devant le candidat de la gauche.

Les motivations de ce parti à briguer la succession de Mark Muller sont par ailleurs fort surprenantes. On lit dans la presse de ce jour que c'est l'opportunité de "se faire connaître" et l'existence médiatique qui ont justifié la décision du PVL genevois. On peut également se demander si la candidature du président du PVL est tout à fait dépourvue de vieilles rancunes personnelles à l'égard du PLR.

En tant que membre de l'association Écologie libérale, fondée entre autres par Isabelle Chevalley, fer de lance des Vert'libéraux vaudois, et… Pierre Maudet, je ne peux que regretter cette occasion manquée d'accueillir à bras ouverts le PVL genevois dans une droite unie pour gagner.

Commentaires

Tu as on ne peut plus raison, Murat, cette attitude est tout à fait regrettable et c'est juste le contraire de ce qu'il prétendent faire, à savoir de la politique autrement. Pierre Maudet est le candidat potentiellement éligible le plus proche possible de leurs idées. Et ils prennent le risque de flinguer son élection juste pour se faire de la pub... Ce n'est pas sérieux. Je fais partie de ceux qui se sentent très proches de leurs idées, mais là, ça reste en travers de la gorge. Espérons qu'ils se ressaisissent et réalisent où est non pas leur intérêt, mais celui de la communauté et des idées qu'ils prétendent défendre.

Écrit par : Philippe Souaille | jeudi, 15 mars 2012

D'un autre côté, quand on voit les votes PLR sur des sujets environnementaux à la constituante, on comprend mieux les Vert'liberaux. Sur ce point là, la comparaison avec les vaudois s'arrête.

Écrit par : Olivier | jeudi, 15 mars 2012

Comme ça si la gauche passe, la droite aura une excuse et un bouc émissaire tout trouvé !
C'est si simple de mettre la faute sur les autres !
Est-ce que le PLR ne serait-il pas aussi un (tout petit ?) peu coupable en cas de défaite de son candidat ?

Et puis les vert'libéraux ne sont pas à droite mais bien au centre, entre les verts et les PDC et comme aucun candidat de ces partis ne se présente, les vert’libéraux ont une belle carte à jouer, n'en déplaise à ceux qui pensent uniquement en termes de (vieux et ….dépassé) combat gauche droite.

Écrit par : Vincent | jeudi, 15 mars 2012

Ben, ils cherchent à exister, et donc une campagne leur donne une visibilité.

Ce qui est plus génant, c'est quand certains d'entre eux quittent le parti grâce auquel ils ont été élu pour s'amuser à voter à contre-courant, pour se faire mousser. Ils auraient dû démisionner de leur mandat, par respect pour les votants.

Écrit par : Amusé | jeudi, 15 mars 2012

Cher Monsieur Alder,
Vous nous avez habitué à des prises de positions beaucoup plus dynamique que celle de ce billet.
Le parti à grand besoin de votre dynamisme, mais surtout d'un homme apte au dialogue élargi et perspicace que vous êtes !
Les verts-lib ! Il faudra aller les chercher au second tour avec finesse et intelligence ! Vous saurez faire, je n'en doute point, mais de grâce, cessez ce genre de constat et de comparatif avec nos voisins d'outre-versoix car nous sommes bien loin de leur cohésion de bon sens par les temps qui courent !

Écrit par : tempestlulu | jeudi, 15 mars 2012

Monsieur,
pouvons-nous ériger le mensonge en politique de gouvernance ?

Écrit par : Charly Schwarz | vendredi, 16 mars 2012

Monsieur,
pouvons-nous ériger le mensonge en politique de gouvernance ?

Écrit par : Charly Schwarz | vendredi, 16 mars 2012

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