lundi, 12 mai 2014

Le JAS-39E Gripen, le meilleur choix pour la Suisse

Le 18 mai 2014, les Suissesses et les Suisses sont rappelés aux urnes pour se prononcer au sujet de la Loi fédérale sur le fonds d’acquisition de l’avion de combat Gripen (Loi sur le fonds Gripen), du 27 septembre 2013. Concrètement, il s’agit de voter l’achat de 22 avions de combat suédois de type JAS-39E Gripen pour un montant total de 3,126 milliard de francs suisses, payables sur une période de dix ans.

Le référendum financier, outil de démocratie directe qui permet aux citoyens de se prononcer à propos d’une dépense publique, n’existe pas au niveau fédéral. C’est pourquoi, afin de donner la possibilité au peuple et aux cantons suisses d’avoir le dernier mot sur ce thème, l’Assemblée fédérale a décidé de donner à ce projet la forme d’une loi fédérale, soumise au référendum facultatif. En d’autres termes, notre Parlement a eu le souci de donner une légitimité populaire aussi grande que possible à l’acquisition de ces nouveaux avions de combat, ce qui est tout simplement unique dans le monde.

Depuis que la Suisse a délié les Forces aériennes de ses missions de combat d’objectifs au sol en mettant hors service les Hunter en 1995 et de reconnaissance aérienne en mettant hors service les Mirage III en 2004, la souveraineté et la sécurité aériennes de notre pays ne sont plus du tout assurées. Autrement dit, depuis une dizaine d’années, la Suisse est vulnérable dans sa troisième dimension.

Actuellement, la flotte aérienne de la Suisse est composée de 32 F/A-18 Hornet datant de 1993 et de 54 appareils F-5 Tiger datant de 1978, ces derniers étant inutilisables de nuit et en cas de mauvaises conditions météorologiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Forces aériennes ne sont pas opérationnelles en dehors des heures de bureau. Par ailleurs, les performances des Tiger ne sont tout simplement plus adaptées au défis du XXIème siècle : ces appareils, âgés de près de 36 ans, sont devenus obsolètes.

On sait qu’en cas de crise, pour assurer la sécurité aérienne de notre pays, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, nous aurions besoin en permanence d’une présence en l’air d’au minimum deux avions de combat. Avec nos Hornet, cette tâche ne pourrait être remplie que durant environ deux semaines en raison des impératifs d’entretien et de maintenance.

L’acquisition du Gripen nous permettrait de renforcer cette flotte aérienne par des avions modernes de nature à remplir toutes les missions des Forces aériennes, y compris celles qui ont été abandonnées en 1995 et en 2004.

Le financement de cette acquisition se fera exclusivement au travers du budget de l’armée, qui est depuis la fin de la Guerre froide le parent pauvre du budget de la Confédération. En effet, alors que ce dernier a doublé en une seule génération, le budget de l’armée, qui devait être de 4,3 milliards de francs depuis la réforme Armée XXI, n’a lui cessé de se faire amputer de plus d’un demi-milliard de francs ces dix dernières années. Autrement dit, à ce jour, il manque plus de 5 milliards de francs à l’armée telle qu’elle a été conçue par le peuple en 2003.

Donner les moyens à nos Forces aériennes de nous défendre, c’est comme poser un toit sur une maison. Quelle crédibilité peut-on donner à une armée qui n’a pas la capacité d’intervenir au sol comme en l’air ? Comment notre pays peut-il exiger le respect de sa souveraineté aérienne par les autres Etats s’il n’en a pas les moyens ?

On dit que chaque pays a une armée sur son territoire : la sienne, ou celle d’un autre pays. La sécurité est une tâche régalienne de l'Etat ; la défense ne se délègue pas. Certes, notre pays le fait actuellement par le biais d’accords avec nos pays voisins, en leur confiant la mission d’intervenir en dehors des heures de bureau. Cependant, en cas de situation extrême, aucun de nos partenaires ne peut prendre la responsabilité d’ouvrir le feu. En d’autres termes, la protection que nous offrent ces accords est toute relative. La Suisse doit donc prendre ses responsabilités et se donner les moyens d’assurer elle-même la sécurité et la souveraineté aériennes.

Cela implique certes un coût, mais qui n’aura aucune répercussion sur le budget des autres tâches publiques aussi importantes que la sécurité, que ce soit notamment la santé ou l’éducation. En effet, on ne le répètera jamais assez, le financement de l’acquisition du Gripen se fera par les moyens financiers alloués à l’armée. Le refrain des opposants selon lequel ces dix fois 300 millions de francs pourraient être dépensés plus « utilement » est donc aussi faux qu’incohérent.

Enfin, il sied de rappeler que le vote du 18 mai 2014 ne portera pas sur le type d’avion. Ce choix a déjà été fait sur la base de l’avis exprimé par des experts. Ce nouveau scrutin porte sur le financement desdits appareils, avec pour corollaire un enjeu fondamental : celui du rétablissement de notre sécurité et de notre souveraineté aériennes.

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Commentaires

Voici un extrait de mon blog sur ce thème:

"Dans Le Temps de ce 12 mai le député Hitpold fait part de sa position favorable à cet achat. Elles ne sont pas pertinentes pour les raisons suivantes.


1. L'achat du Grippen pallierait notre "incapacité à prévoir les évolutions géopolitiques" (Hitpold fait allusion à la crise ukrainienne). C'est l’activité et l'intelligence politiques qui sont nos meilleures armes face aux crises internationales et non un avion militaire. Le difficile travail de l'OCDE et du son président (suisse) en est un exemple manifeste...

Écrit par : Daniel Neeser | lundi, 12 mai 2014

A M. Neeser:

Président du Centre de politique de sécurité de Genève, François Heisbourg (qui est français) a propos des enjeux de la crise ukrainienne pour l’Europe et la Suisse. «Un pays qui n’affirme pas sa souveraineté est diplomatiquement et politiquement vulnérable», avertit l’expert en faisant référence à l’achat des avions de combat Gripen !


Le fait d’avoir des avions de combat n’a pas seulement pour objectif de repousser une possible invasion. C’est un signal. C’est l’affirmation de la souveraineté !

Croire que sans avions l'on peut encore prétendre à la souveraineté et aux respects politiques est mensongers

Écrit par : martin | mardi, 13 mai 2014

Si on entre en matière sur cette question de vulnérabilité et celle de la neutralité armée, comment est-ce qu'une conception de la défense militaire de la Suisse peut se concevoir, de nos jours, sans une collaboration avec l'Union européenne, collaboration dans tous les sens: militaires et politiques entre autres, ce dont l'UDC ne veut pas...?
Quant à l'affirmation de la souveraineté c'est par l'instruction, l’investissement dans la recherche, l'innovation bien davantage que dans les Gripen qu'elle peut et doit se faire.

Écrit par : Daniel Neeser | mardi, 13 mai 2014

"comment est-ce qu'une conception de la défense militaire de la Suisse peut se concevoir, de nos jours, sans une collaboration avec l'Union européenne"
La naïveté du pasteur Neeser est sans bornes, mais après tout c'est la caractéristique première de la profession. Beati pauperes spiritu, comme disait leur patron. Actuellement, l'Europe sous la direction des Français (mais c'est une tautologie, l'Europe n'étant jamais que l'Empire franco-allemand) mène une politique hyper-agressive envers la Russie pour complaire aux Américains. Est-ce que les Suisses veulent de cela ?
Poser la question, c'est y répondre. Les Européens eux-mêmes sont devenus dangereux aujourd'hui...

Écrit par : Géo | mardi, 13 mai 2014

Très juste Géo !

La seule arme de dissuasion dont la Suisse devrait disposer c'est une bombinette atomique et si possible de fabrication suisse.

L'avantage: pas besoin de voler de nuit et pas besoin de pilotes supplémentaires.

Personne ne s'émeut des dizaines de têtes nucléaires dont dispose Israël... (20000 km2 de désert et 385 hab./km2) ...et personne ne vient les faire chier pour adhérer à la Ligue Arabe.

Écrit par : petard | mardi, 13 mai 2014

En cas d'invasion, on pourra toujours envoyer Géo à la frontière. Ca dissuaderait n'importe qui d'approcher...

Écrit par : Patatra | mardi, 13 mai 2014

@ Geo: pourquoi dénigrer et moquer ceux qui ne pensent pas comme vous? Dommage pour le débat et pas très fair play!

Écrit par : Daniel Neeser | mardi, 13 mai 2014

Patatra@ Mais oui ma cocotte. Page 8 de mon livret de service, chapitre V, Incorporation :
Libéré définitivement au 31 décembre 1994
Avec remerciements pour services rendus au pays.

Et maintenant, c'est ton tour, cocotte. Les femmes en première ligne. Comme on dit chez Gainsbourg/Schmoll : je serai content quand tu seras morte, vieille crapule.

Neeser@ "Geo: pourquoi dénigrer et moquer ceux qui ne pensent pas comme vous? "
Vos blogs sont hyper-clivants, cessez de vous foutre de la gueule du monde, c'est pas très chrétien.

Écrit par : Géo | mardi, 13 mai 2014

petard@ Ah je vois! On envoie une bombe atomique contre le mollah jihardiste- t'oses-pas avec son ULM et ses 30 kg d'explosifs...
Oui, oui...

Écrit par : Géo | mardi, 13 mai 2014

Je sais pas avec quoi Giroud Vins coupe son Chasselas, mais ça profite à Géo. Il a la forme depuis quelques jours.

Écrit par : Mohamed Bonzon | mardi, 13 mai 2014

Ah, si les suisses n'étaient pas si bobets ils achèteraient - et ils en ont largement les moyens - des F-22. Quatre suffisent pour couvrir le territoire.

Mais voilà : "ne pas se soumettre à la dépendance USA".

Et du coup on envisage le Rafale = dépassé - le Gripen = pas encore sorti d'usine dans la version suisse. On ne parle même pas des Mig ou des Sukhoi, ils seraient - selon des "spécialistes" totalement écrasés. On verra.

Bonne chance pour vos jeux vidéo en temps réel, sans option:

"partie perdue : vous êtes mort. 1:recommencer? 2:abandonner?"

Écrit par : Keren Dispa | mardi, 13 mai 2014

Censurer ma réponse aux insultes de "Mohamed Bonzon" donne une image assez peu démocratique de votre blog. De plus, ce commentaire insulte surtout les vins valaisans et c'est franchement peu ragoûtant...

Écrit par : Géo | mercredi, 14 mai 2014

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