mardi, 24 novembre 2015

Au lendemain d'un vendredi treize

Le vendredi treize. Dans la tradition occidentale, la conjonction du 5ème jour de la semaine avec le 13ème jour du mois rime avec malheur.

En novembre 2015, à Paris, la superstition et la réalité se sont donné un rendez-vous macabre dont nous nous souviendrons pour longtemps avec autant d'émotion que les attentats qui ont frappé les Etats-Unis d'Amérique le 11 septembre 2001.

Deux semaines après les faits, il est encore trop tôt pour pouvoir procéder à une analyse claire et précise de ce qui s'est passé durant cette tragique soirée qui a vu plusieurs centaines de personnes de toutes origines, de toutes ethnies et de toutes religions perdre la vie ou subir des atteintes irréversibles à leur intégrité physique ou psychique pour des raisons aussi ignobles qu'inexplicables et inexcusables.

À seulement quelques heures de train de la Suisse, la violence, dans ce qu'elle a de plus lâche et de plus abominable, a soudainement pris la vie d'un mari ou d'une femme, d'un compagnon ou d'une compagne, d'un fils ou d'une fille, d'un père ou d'une mère, d'un frère ou d'une sœur, d'un neveu ou d'une nièce, d'un oncle ou d'une tante, d'un cousin ou d'une cousine, d'un grand-père ou d'une grand-mère, d'un ami ou d'une amie, d'un proche, d'un collègue, d'un camarade ou d'une connaissance.

Nous sommes encore sous le choc. Nous ressentons tous autant de colère que d'incompréhension, autant de tristesse que d'envie de vengeance, autant de désespoir que de compassion envers les victimes, leurs familles et leurs proches.

Paris n'est pas seulement la capitale de cette nation voisine et amie qu'est la France, elle est également une capitale politique, économique et culturelle de rang européen et de niveau mondial.

Il serait cependant faux de croire que c'est le monde occidental, et lui seul, qui est visé par les organisations terroristes telles qu'Al-Qaida, Boko Haram ou Daech.

En 2015, ces dernières ont non seulement frappé la France, de même que le Danemark et l’Australie, mais également et surtout l'Irak, le Liban, le Mali, le Nigeria, la Syrie, la Tunisie et la Turquie, pour ne citer que ces pays-là.

Ce n'est donc pas l'Occident en tant que tel qui est visé par ce type de terrorisme, mais plus largement les conditions d'existence de la vie humaine dans des sociétés qui se fondent ou qui aspirent à se fonder sur les principes de liberté, de démocratie et d'Etat de droit.

Nous sommes confrontés à un adversaire qui n'est ni rationnel, ni logique, ni prévisible. Un adversaire qui peut intervenir n'importe où et n'importe quand. Un adversaire qui n'accorde aucune valeur à la vie de l’être humain. Un adversaire qui n'hésite pas à exécuter des innocents. Un adversaire qui se contrefiche du droit international humanitaire. Un adversaire dont l'idéologie n'est finalement pas si éloignée des totalitarismes sanglants qui ont marqué le XXème siècle. En d’autres termes, un adversaire dont l'existence est tolérée depuis trop longtemps par la communauté internationale.

mardi, 10 novembre 2015

Une grève pour le maintien de privilèges obsolètes

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours de la sécurité de l'emploi, là où les salariés du secteur privé peuvent être licenciés du jour au lendemain pour des raisons purement économiques.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours d'un salaire médian de l'ordre de CHF 9'000.00, contre CHF 7'500.00 dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours d’augmentations de salaire en fonction de l'ancienneté, là où le mérite est le critère déterminant dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours d’une cotisation à la prévoyance professionnelle à raison d'1/3 pour l'employé et de 2/3 pour l'Etat, alors que cette cotisation est paritaire (50 % pour l'employé, 50 % pour l'employeur) dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours de semaines de travail plus courtes que dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours de jours fériés et de vacances plus nombreux que dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, grâce aux contribuables, la fonction publique bénéficie encore et toujours d’un congé-maternité de 20 semaines, là où il est de 16 semaines dans le secteur privé.

À Genève, en 2015, la dette publique du canton dépasse les 13 milliards de francs. Chaque année, Genève consacre plus de 200 millions de francs au paiement des seuls intérêts de cette dette.

À Genève, en 2015, la fonction publique se permet de faire la grève en revendiquant le maintien des privilèges obsolètes dont elle bénéficie, encore et toujours, grâce aux contribuables.

lundi, 02 novembre 2015

Les versets du communautarisme selon Sainte-Esther

En août 2015, Madame Esther Alder, Maire de la Ville de Genève, s’est adressée aux "familles concernées" par l’octroi de "l’allocation de rentrée scolaire" et les a invitées à "faire valoir" leur "droit" à cette prestation sociale communale qui n’a guère d’équivalent dans les autres communes genevoises, ni dans les autres cantons suisses, en remplissant un formulaire ad hoc figurant en annexe.

Au verso, on peut constater qu’une partie du texte de ladite lettre a été traduite dans une dizaine de langues étrangères.

Or, conformément à l’article 5 de la Constitution de la République et canton de Genève, du 14 octobre 2012 (RS A 2 00) :

"Art. 5 Langue

1 La langue officielle est le français.

2 L’Etat promeut l’apprentissage et l’usage de la langue française. Il en assure la défense."

Ne ressort-il pas clairement de cette disposition constitutionnelle que les autorités de toutes les collectivités publiques genevoises (communes et canton) sont tenues de s’adresser à leurs administrés dans la langue officielle de la République et canton de Genève, c’est-à-dire en langue française exclusivement ?

Selon un document à forte connotation militante, intitulé "Politique municipale de la Ville de Genève en matière de diversité", du Conseil administratif de la Ville de Genève, daté du 30 juillet 2014 :

"Fondée sur le principe d’inclusion sociale et sans nier les difficultés et tensions du vivre ensemble, la politique communale en matière de diversité se focalise sur ce qui rassemble les personnes et non sur ce qui les divise. Elle reconnait les ressources et le dynamisme des communautés linguistiques, ethniques et nationales, tout en élaborant une identité autour de valeurs communes, celles des droits humains. La volonté politique du Conseil administratif est d’œuvrer en faveur d’une Genève plurielle et une à la fois."

"La Ville de Genève mène une politique d’accessibilité aux prestations publiques municipales. Par souci d’équité, elle atténue les obstacles (administratifs, linguistiques, notamment) que peuvent rencontrer ses résident-e-s."

Outre les curieux néologismes d'usage ("vivre ensemble", "droits humains", "plurielle et une", "résident-e-s", etc.) que comporte ce texte, il y a surtout matière à s’interroger, voire à s’inquiéter, au sujet des intentions du Conseil administratif de la Ville de Genève en matière de cohésion sociale, notamment envers sa population étrangère, puisqu’elle semble vouloir diviser notre société en "communautés linguistiques, ethniques et nationales".

Or, selon l’article 210, alinéa 1er, de la Constitution genevoise :

"L’Etat facilite l’accueil, la participation et l’intégration des personnes étrangères".

Dès lors, comment peut-on faciliter l’intégration des personnes étrangères si les autorités s’adressent à ces dernières dans leurs langues d'origine au lieu de le faire dans la langue officielle de Genève ?

En effet, le fait de s'adresser aux personnes étrangères dans la langue officielle n'est-il pas le meilleur moyen pour les collectivités publiques de leur ouvrir les portes de notre société et de les encourager à s'y intégrer, précisément en les incitant à apprendre notre langue ?