jeudi, 01 novembre 2012

Délais d’expédition du matériel de vote : simplifions la vie des citoyens

Article paru dans la rubrique "L'invité" de la Tribune de Genève du 31 octobre 2012

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en 2012, les citoyens genevois n'auront pas chômé. En effet, ils se seront rendus aux urnes les 11 mars, 17 juin, 23 septembre, 14 octobre, 4 novembre et 25 novembre. Que de scrutins cantonaux et fédéraux, lors d’une année qui s’annonçait pourtant calme !

À l’occasion de ces échéances, le matériel de vote n’aura pas toujours été communiqué aux électeurs dans les mêmes délais, ce qui a déjà suscité l'interrogation de plusieurs citoyens, en particulier lors du scrutin du 14 octobre sur la nouvelle constitution, puis en vue des élections de dimanche prochain.

La loi genevoise sur l'exercice des droits politiques prévoit qu'en matière communale et cantonale, les électeurs reçoivent le matériel de vote au plus tôt 15 jours avant la votation mais au plus tard 10 jours avant cette date.

En matière fédérale, le délai est plus long. La loi fédérale sur les droits politiques prévoit que le matériel de vote est reçu au plus tôt quatre semaines avant le jour de la votation mais au plus tard trois semaines avant cette date.

En l’absence de votations fédérales les 14 octobre et 4 novembre 2012, il n’est donc pas exact d’affirmer que le matériel de vote est arrivé en retard lors de ces deux derniers scrutins.

La nouvelle constitution genevoise, qui entrera en vigueur le 1er juin 2013, devra faire l'objet d'une mise en œuvre législative. De nouvelles lois devront être adoptées, par exemple en matière de protection des lanceurs d’alerte. D’autres lois devront être adaptées, telles que la loi d’organisation judiciaire. Enfin, certaines lois pourraient faire l’objet d’une révision totale, à l'image de la loi sur l'exercice des droits politiques.

Ce chantier législatif sera également l'occasion d'élargir la réflexion à des aspects institutionnels qui ont dépassé le cadre de la révision totale de la constitution cantonale.

Ainsi, s'agissant du délai d'expédition du matériel de vote, on pourrait parfaitement saisir cette occasion pour allonger l’actuel délai d’envoi du matériel de vote s’agissant des scrutins cantonaux et communaux.

Un tel allongement aurait également pour effet de faciliter la vie des citoyens : plusieurs d’entre eux se sont retrouvés privés de la possibilité de voter le 14 octobre, respectivement le 4 novembre, par exemple parce qu’ils ont prévu il y a longtemps déjà des vacances d’une durée de deux semaines se terminant le jour du vote.

D’ailleurs, lorsque des votations cantonales et communales ont lieu simultanément à un scrutin fédéral, la loi genevoise prévoit elle-même que ce sont les délais fédéraux qui s'appliquent. C'est donc la preuve que les autorités seraient parfaitement à même de tenir ces délais à l’avenir pour l’ensemble des scrutins communaux, cantonaux et fédéraux.

 

lundi, 15 octobre 2012

Genève, merci du fond du coeur !

Par 54,1 % des voix exprimées, le peuple genevois a approuvé la nouvelle constitution cantonale.

Par ces lignes, je tiens à remercier du fond du coeur toutes celles et tous ceux qui ont cru dans ce processus de révision totale et dans ce projet.

mardi, 09 octobre 2012

Mais qu'est-ce qu'on peut bien lui trouver à la constitution actuelle ?

Le vote de dimanche prochain consiste à choisir entre deux textes.

D'une part la constitution actuelle, qui a été révisée à plus de 120 reprises depuis 1847 et qui est devenue incohérente et inutilisable.

D'autre part, un projet moderne, équilibré et rassembleur soutenu par les partis de la gauche, du centre et de la droite, et par plus de 30 associations à but économique, social ou culturel.

Vous avez sans doute remarqué que ce projet est combattu d'une manière particulièrement violente.

D'où une question : mais qu'est-ce qu'on peut bien lui trouver à la constitution actuelle, pour refuser d'un revers de main le projet de nouvelle constitution ?

L'interdiction de la chasse ? Elle est également prévue par la nouvelle constitution.

L'interdiction du nucléaire ? Elle est également prévue par la nouvelle constitution.

Le droit au logement ? Il est également prévu par la nouvelle constitution.

Les établissements de droit public ? Ils sont également prévus par la nouvelle constitution.

En réalité, il n'y a rien dans la constitution actuelle qui justifie que l'on jette le bébé avec l'eau du bain après quatre ans de travaux.

La nouvelle constitution ne prévoit pas l'éligibilité communale des étrangers ? La constitution actuelle non plus !

La nouvelle constitution ne prévoit pas l'imposition communale au lieu de domicile ? La constitution actuelle non plus !

Contrairement au projet de nouvelle constitution, la constitution actuelle ne permet pas au Conseil d'Etat de défendre efficacement les intérêts des habitants de notre canton dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Voter OUI le 14 octobre, c'est améliorer la gouvernance cantonale.

Contrairement au projet de nouvelle constitution, la constitution actuelle ne protège pas les jeunes, les ainés, les femmes, les personnes handicapées et les homosexuels des discriminations. Voter OUI le 14 octobre, c'est renforcer la cohésion sociale.

Contrairement au projet de nouvelle constitution, la constitution actuelle n'encourage en rien les communes à construire du logement. Voter OUI le 14 octobre, c'est aider les communes qui construisent du logement.

Contrairement au projet de nouvelle constitution, la constitution actuelle n'empêche pas les adolescents de se retrouver dans la rue. Voter OUI le 14 octobre, c'est rendre la formation obligatoire jusqu'à l'âge de la majorité.

Dimanche prochain, nous votons pour notre avenir. Nous votons pour les générations futures. Nous votons pour qu'enfin Genève sorte de l'ornière et fasse son entrée dans le XXIème siècle.

Votez et faites voter OUI à la nouvelle constitution.

samedi, 29 septembre 2012

Lettre aux Genevoises et aux Genevois

Mesdames, Messieurs,

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

En 2008, le peuple genevois a approuvé à près de 80 % le principe d’une révision totale de l’actuelle constitution genevoise qui date de 1847 et a élu une Assemblée constituante au sein de laquelle j’ai eu la chance de siéger et l’honneur de présider la Commission de rédaction.

Le 14 octobre prochain, notre canton a rendez-vous avec son destin. Nous nous prononcerons sur le projet de nouvelle constitution approuvé par l’Assemblée constituante à 75 % des voix le 31 mai dernier.

Ce projet équilibré et rassembleur est soutenu par une large coalition comprenant le Parti socialiste (PS), les Verts, les Vert’libéraux, le Parti démocrate-chrétien (PDC), le Parti libéral-radical (PLR) et le Parti pirate, ainsi que de nombreuses organisations et associations à but économique, social ou culturel.

Voici quelques innovations majeures qui seront décisives pour l’avenir de notre canton :

1. La nouvelle constitution charge l’Etat d’assurer la sécurité et l’ordre publics.

2. La construction de logements correspondant aux divers besoins de la population est encouragée, notamment par une incitation financière aux communes qui créent des logements.

3. Afin de faciliter la mobilité et la fluidité du trafic, le nouveau texte fait de la complémentarité des transports publics et privés, un véritable objectif constitutionnel.

4. La nouvelle constitution comporte un catalogue moderne de droits fondamentaux, effectivement invocables par les justiciables devant les autorités et les tribunaux genevois. Elle consacre le principe de la responsabilité individuelle.

5. Les institutions sont renforcées, en particulier par une durée des législatures plus longue (5 ans), par l’institution de députés-suppléants, par l’instauration du système majoritaire à deux tours pour l’élection du Conseil d’Etat et des exécutifs communaux (comme dans le reste de la Suisse) et par une présidence du Conseil d’Etat par la même personne durant toute la législature (comme dans le canton de Vaud).

6. Les droits populaires sont modernisés. En particulier, le nombre des signatures requises pour lancer une initiative populaire ou une demande de référendum est défini sous la forme d’un pourcentage du corps électoral (4 % pour une initiative constitutionnelle, 3 % pour une initiative législative et une demande de référendum).

7. Afin d’organiser plus efficacement le territoire cantonal, les communes qui souhaitent fusionner disposent d’une base constitutionnelle.

8. La nouvelle constitution vise un développement équilibré et durable de Genève et sa région. Elle offre un environnement favorable à une économie libre et diversifiée.

9. Le frein à l’endettement est renforcé afin d’assurer une gestion économe et durable des finances publiques.

10. La nouvelle constitution promeut notamment la famille, la solidarité intergénérationnelle, la culture et le sport.

Certains opposants n’hésitent pas à véhiculer des contre-vérités et des mensonges à propos de ce projet. Ne vous laissez pas berner par les extrémistes. Ils tenteront notamment de vous faire croire que les acquis populaires ont été supprimés, ce qui est totalement faux. Par respect de la volonté populaire, l’essence des initiatives populaires approuvées par le peuple genevois au cours de ces dernières décennies a justement été préservée, dont le droit au logement, l’opposition à l’énergie nucléaire, l’interdiction de la chasse, l’interdiction de la fumée dans les lieux publics et l’interdiction des chiens dangereux. La lecture du projet le prouve.

Genève n’a pas le droit d’échouer là où tous les autres cantons ont réussi au cours de ces 50 dernières années. Il n’y a ni deuxième chance, ni « plan B ». Chaque voix compte. Le 14 octobre 2012 est une occasion unique pour Genève de sortir de ses blocages et de se doter, 300 ans après la naissance de Jean-Jacques Rousseau, d’un nouveau contrat social.

C’est pourquoi je vous invite à voter et à faire voter OUI au projet de nouvelle constitution le 14 octobre prochain.

Vous trouverez de plus amples informations sur mon site Internet (www.muratalder.ch) et sur celui de la plateforme citoyenne « Oui à la constitution 2012 » (www.ouiconstitution2012.ch).

Veuillez croire, Mesdames, Messieurs, chères concitoyennes, chers concitoyens, à l’assurance de mes sentiments distingués.

Murat Julian ALDER

 

jeudi, 13 septembre 2012

CQFD n° 6 : Égalité des sexes en matière salariale

"La femme et l'homme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale".

(extrait de l'article 15 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

S'opposer à la nouvelle constitution genevoise, c'est s'opposer à un projet qui vise la réalisation du principe d'égalité des sexes en matière salariale. Je vote OUI le 14 octobre.

 

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CQFD n° 5 : Interdiction des discriminations

"Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa situation sociale, de son orientation sexuelle, de ses convictions ou d'une déficience".

(extrait de l'article 15 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

La constitution fédérale réduit l'orientation sexuelle à un aspect du mode de vie.

S'opposer à la nouvelle constitution genevoise, c'est s'opposer à un projet qui reconnait explicitement l'orientation sexuelle comme un critère de discrimination interdit.

Sur recommandation de la Fédération genevoise des associations lesbiennes, gaies, bi et transgenres (LGBT), je vote OUI le 14 octobre.

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CQFD n° 4 : Dignité humainre

"La dignité humaine est inviolable".

(extrait de l'article 14 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

La constitution fédérale se contente de stipuler que la dignité humaine doit être respectée et protégée.

S'opposer à la nouvelle constitution genevoise, c'est s'opposer à un projet qui renforce la protection de la dignité humaine. Je vote OUI le 14 octobre.

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mercredi, 12 septembre 2012

CQFD n° 3 : Développement durable

"L'activité publique s'inscrit dans le cadre d'un développement équilibré et durable".

(article 10 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

S'opposer à la nouvelle constitution genevoise, c'est s'opposer à un projet qui consacre le développement durable. Je vote OUI le 14 octobre.

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CQFD n° 2 : Défense de la langue française

"L'Etat promeut l'apprentissage et l'usage de la langue française. Il en assure la défense".

(extrait de l'article 5 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

S’opposer à la nouvelle constitution genevoise, c’est s’opposer à un projet qui promeut l'apprentissage, l'usage et la défense de la langue française. Je vote OUI le 14 octobre.

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CQFD n° 1 : Laïcité

Par ce billet, je démarre une nouvelle rubrique de mon blog, en faveur du projet de nouvelle constitution genevoise soumis au vote du peuple genevois le 14 octobre 2012. Bonne lecture !

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"L’Etat est laïque. Il observe une neutralité religieuse (…). Les autorités entretiennent des relations avec les communautés religieuses".

(extrait de l’article 3 du projet de nouvelle constitution genevoise)

Ce texte ne figure pas dans la constitution actuelle.

S’opposer à la nouvelle constitution genevoise, c’est s’opposer à un projet qui consacre explicitement le principe de la laïcité de l’Etat. Je vote OUI le 14 octobre.

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jeudi, 21 juin 2012

Découvrez le projet de nouvelle constitution genevoise

Le projet de nouvelle constitution genevoise, adopté par l'Assemblée constituante le 31 mai 2012, sera soumis au vote du peuple le 14 octobre 2012. Je vous invite à découvrir ce projet en le téléchargeant ici.

lundi, 18 juin 2012

Un formidable élan citoyen

Lors de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin 2012, près de 40 % des Genevois ont porté leurs suffrages sur la candidature de Pierre Maudet. Celui qui a été le plus jeune Maire que la Ville de Genève ait connu devient ainsi le plus jeune Conseiller d'Etat genevois de tous les temps.

Trois facteurs expliquent ce triomphe.

En premier lieu, la personnalité et la popularité du candidat de l'Entente. Un homme droit, digne de confiance, dynamique, compétent et qui a toujours su convaincre en dépassant les clivages politiques traditionnels.

En deuxième lieu, l'attachement des Genevois à l'équilibre des forces politiques en présence en cours de législature. Pour rappel, après l'élection de Micheline Calmy-Rey au Conseil fédéral, même des communes qui votent traditionnellement à droite avaient élu son successeur Charles Beer lors de l'élection complémentaire de début 2003.

Enfin, en troisième lieu, l'exceptionnel engagement des militants du PLR et du PDC sur le terrain d'une bataille qui avait aussi pour enjeu leur honneur. Qu'ils en soient dûment remerciés !

Je suis heureux et fier d'avoir participé à ce formidable élan citoyen aux côtés de Pierre Maudet et lui souhaite bon vent au Conseil d'Etat.

Et maintenant, place aux débats autour de la nouvelle constitution genevoise !

jeudi, 31 mai 2012

OUI à la nouvelle constitution genevoise !

Lors de la séance plénière de l'Assemblée constituante du 31 mai 2012, j'ai eu l'honneur de rédiger et prononcer la déclaration finale du groupe Radical ouverture avant le vote final. En voici le texte :

Mesdames les Coprésidentes,

Monsieur le Coprésident,

Monsieur l’ancien Coprésident,

Mesdames et Messieurs,

Très chers collègues,

« Comme volent les années », dit la chanson. Nous arrivons ainsi au bout de presque 4 ans de travaux, que pour ma part, en tant que jeune politicien, j’ai vécu par moments comme une montagne russe d’émotions. Mais toujours avec passion et détermination. En tant que benjamin du groupe Radical ouverture, j’ai reçu la mission de vous présenter notre appréciation du texte constitutionnel qui sera soumis au vote du peuple genevois le 14 octobre prochain.

Permettez-moi cependant d’abord de formuler quelques remerciements. Au secrétariat, pour son travail constant, sa fidélité et son efficacité. À toutes celles et à tous ceux qui ont assuré la logistique, l’informatique et la subsistance au cours de nos travaux. Un grand merci aussi à nos collègues qui ont démissionné de notre Assemblée pour leur contribution en commission comme en plénière. Last but not least (l’article sur la défense du français n’est pas encore en vigueur), à nos assistants parlementaires, en particulier à Lucien Scherly et Joël Dicker, qui ont fait un travail absolument impeccable.

Je veux également rendre ici un dernier hommage à ceux qui nous ont quitté, trop vite, trop jeunes. D’une certaine manière, Jean-Pierre Aubert, Franck Ferrier, Soli Pardo, Tristan Zimmermann et Michel Chevrolet sont parmi nous aujourd’hui. Ils ont mis cœur, corps et âme dans leur engagement au service de la révision constitutionnelle. Ayons également une pensée pour eux aujourd’hui.

J’en viens désormais à notre position.

À la forme, nous considérons que le projet de nouvelle constitution présente une claire et nette amélioration en comparaison de la constitution actuelle. En 150 ans, cette dernière a complètement perdu de sa substance fazyiste et a été tellement retravaillée, qu’on a l’impression que ce texte est aujourd’hui le résultat d’une succession d’opérations de chirurgie esthétique ratées.

Le texte qui est porté à nos suffrages aujourd’hui est une charte fondamentale rédigée dans un langage clair et concis. Plus d’un siècle après Eugen Huber, auteur du code civil suisse, nous avons réussi l’exercice de rédiger un texte intelligible et structuré de manière à ce que tout citoyen puisse le lire, le comprendre et l’utiliser au quotidien.

Dans le domaine des droits fondamentaux, nous nous réjouissons que notre projet comporte un catalogue sérieux et crédible de libertés, à l’image de la Constitution fédérale. Par ce texte, Genève reconnaîtra enfin dans sa constitution la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté économique et la garantie de la propriété.

Nous nous réjouissons également de l’introduction explicite du principe de laïcité et d’un renforcement de la portée de la liberté religieuse dans la constitution.

Enfin, nous saluons la reconnaissance de nouveaux droits, en particulier en faveur des personnes handicapées et des jeunes.

En ce qui concerne la citoyenneté, nous souhaitions l’éligibilité communale des étrangers. De l’avis de notre groupe, droit de vote et éligibilité sont indissociables. Mais notre groupe est également conscient que cet enjeu est émotionnellement trop sensible pour laisser au plus sceptiques le soin de faire échouer la révision de la constitution totale pour cette seule raison. Ainsi, notre Assemblée, avec l’assentiment de notre groupe, a opté pour un statu quo, certes peu audacieux, mais réaliste et respectueux de la volonté populaire exprimée en 2005.

Pour ce qui est des droits politiques, nous sommes heureux que le passage à un système de pourcentage pour déterminer le nombre de signatures nécessaires au lancement d’une initiative populaire ou d’une demande de référendum ait trouvé grâce à vos yeux. Il s’agissait d’une proposition fondamentale du groupe Radical ouverture il y a quatre ans. Une minorité d’entre nous est cependant déçue que les pourcentages choisis ne soient pas sensiblement plus élevés que le statu quo en proportion.

Sur le plan institutionnel, notre groupe ne peut que vous remercier, très chers collègues, d’avoir entendu la voix des héritiers de James Fazy. L’essentiel des réformes institutionnelles réclamées par le PLR depuis 1999 a été examiné avec intérêt et nombre d’entre elles ont été adoptées. À ce titre, je citerai volontiers notamment l’allongement des législatures à 5 ans, la création des députés suppléants, l’introduction d’un deuxième tour pour les élections majoritaires, la présidence du Conseil d’Etat pour toute la législature, le regroupement de l’ensemble des affaires extérieures sous la conduite d’un seul département et la clarification des incompatibilités de fonction.

En ce qui concerne l’organisation territoriale, en revanche, nous estimons que notre Assemblée constituante a complètement raté sa cible. Certes, le projet de nouvelle constitution prévoit une base pour les encouragements à la fusion de communes. Mais il ne va pas plus loin. La balle est donc désormais dans le camp des autorités cantonales et communales, avec le risque à terme de parvenir à un déséquilibre entre les communes qui voudront fusionner et les autres. Au niveau institutionnel, certains d’entre nous regrettent que les organes exécutifs communaux ne seront pas présidés pour toute la législature.

Nous regrettons également que la réforme de l’imposition communale n’ait pas recueilli l’enthousiasme d’une large majorité. Croyez bien, cependant, Mesdames et Messieurs, que le PLR n’en restera pas là. Cette réforme fait partie intégrante de notre programme. Nous voulons que la création de logements soit une source de recettes nouvelles et non pas de charges nouvelles, pour nos communes. C’est pourquoi nous nous battrons, dans d’autres arènes, pour que l’imposition se fasse pleinement au lieu de domicile. Les habitants des communes suburbaines n’ont pas à subventionner la Ville de Genève.

Dans le domaine des relations extérieures, nous ne pouvons que nous réjouir que la dimension régionale de notre politique ait été ancrée dans notre nouvelle charte fondamentale. Nous estimons que l’avenir de notre canton, en particulier dans les domaines de l’aménagement, du logement et de la mobilité, ne peut se construire qu’avec nos voisins français et compatriotes vaudois, et non pas contre eux.

La consécration constitutionnelle de la vocation internationale de Genève nous tient également beaucoup à cœur. On oublie trop souvent que Genève n’est pas seulement une ville et un canton suisses, mais aussi une ville d’Europe et une ville du monde. Ce projet de nouvelle constitution rend ainsi enfin sa juste place à notre canton dans ce domaine.

S’agissant des tâches publiques, nous regrettons que notre Assemblée n’ait pas fait preuve de la même sagesse que les Neuchâtelois en optant pour un article simple, listant les missions étatiques. Nous déplorons également l’absence d’une claire clé de répartition des compétences entre le canton et les communes. Toutefois, nous sommes heureux que les compromis nécessaires ont pu être trouvés, notamment dans le domaine du logement et de la mobilité.

En tant que jeune, je me dois également de saluer l’adoption d’articles constitutionnels pour la jeunesse, mais aussi pour les ainés et la solidarité intergénérationnelle. Nous nous réjouissons également de l’importance qu’accorde notre projet à l’institution de la famille. Depuis plusieurs années, le PLR se bat pour que femmes et hommes puissent, aux mêmes conditions, concilier autant que possible leur carrière professionnelle et leur vie de famille. Ce projet va dans cette direction.

Pour ce qui est des finances publiques, nous aurions aimé plus d’ambition. Regardez l’état dans lequel se trouve la Grèce. La santé des finances publiques suisse est incontestablement à mettre en relation avec des outils tels que le frein à l’endettement. Nous aurions aimé que notre projet renforce le mécanisme constitutionnel actuel. Cependant, là également, nous poursuivrons le combat dans d’autres arènes pour des finances publiques saines et durables.

En fin de compte, nous considérons que le réalisme politique a triomphé 4 ans après notre élection. Nous n’avons ni procédé à un simple toilettage, ni fait la révolution. Nous avons rédigé un projet qui fait enfin entrer Genève dans le XXIème siècle. Peut-être pas de plein pied, certes. Mais ce texte mérite nos suffrages parce qu’il offre des améliorations institutionnelles significatives et parce que tout simplement, il est meilleur que le texte actuel.

Car enfin, c’est de cela dont il s’agit, Mesdames et Messieurs. Voter non, c’est voter pour un texte vieux, usé et fatigué. C’est voter pour un texte incohérent, inconsistant et qui frise la désuétude juridique. Comme l’a relevé il y a déjà plus de douze ans le Professeur Andreas Auer, dont nous recevons la présence ce jour dans la tribune comme un honneur, la constitution genevoise de 1847 a vécu. Elle n’est plus invoquée devant les tribunaux, elle n’est plus enseignée à l’Université. Elle a été amochée.

Voter pour la nouvelle constitution, c’est faire le choix de la modernité. C’est faire le choix de l’avenir. C’est le choix de donner aux générations futures le droit de disposer d’elles-mêmes et de décider elles-mêmes du monde dans lequel elles veulent vivre.

Oui, des améliorations ultérieures seront nécessaires. Oui, le débat sur l’éligibilité communale des étrangers et celui sur l’imposition au lieu de domicile doivent avoir lieu. Oui, 45 communes, c’est un luxe que notre canton ne peut plus se permettre au XXIème siècle.

Mais le projet que nous avons entre nos mains aujourd’hui est aussi le fruit de notre prudence. À celles et ceux qui comme moi veulent aller plus loin dans l’audace, je veux leur dire que ce n’est pas une raison valable de dire non. Que c’est faire le lit des nostalgiques d’une époque révolue. Et qu’il vaut mieux une petite avancée que pas d’avancée du tout. C’est pourquoi une majorité d’entre nous votera oui.

Comme à l’accoutumée, permettez-moi un brin d’humour et de citer un ancien dirigeant voisin. Jean-Pierre Raffarin disais à propos de la constitution européenne « win ze yes, needs a no to win against ze no ». On a vu le résultat. Permettez-moi donc désormais de citer le Président Obama : « Yes, we can ».

jeudi, 24 mai 2012

Les uns vendent du vert, les autres vendent du rêve. Pierre Maudet agit !

Depuis le début du XXIème siècle, l'écologie n'est plus le domaine réservé de quelques partis à étiquette. Le développement durable n'est plus considéré, à juste titre, comme un "machin" de gauchistes. Seulement, maintenant que presque tous les partis ont intégré l'écologie dans leur programme, certains candidats à l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin prochain se voient contraints de jouer à celui qui le plus fort clamera, pour ne pas dire klaxonnera, son amour de la nature et de l'environnement.

Au milieu de ce dissonant concert, il y a des hommes et des femmes politiques qui prennent des décisions et passent à l'action. Pierre Maudet est le seul candidat à cette élection du Conseil d'Etat qui peut se targuer de faire partie de ce cercle de personnes hélas trop restreint. Il est d'ailleurs l'un des membres fondateurs du mouvement Écologie libérale.

En automne 2008, soit un peu plus d'une année après sa première élection au Conseil administratif en 2007, Pierre Maudet a créé un outil ayant pour triple objectif de limiter la production des déchets à la source, de limiter l'impact des déchets sur le domaine public et d'encourager le tri et augmenter le taux de recyclage des déchets. Cet outil, appelé "éco-contrat", est un modèle de partenariat entre le secteur public et le secteur privé.

Quelques exemples : en vertu d'un éco-contrat conclu avec la Ville de Genève, une grand chaîne de magasins du secteur agro-alimentaire suisse a supprimé environ 35 millions de sacs plastiques. Une multinationale suisse, connue notamment pour ses chocolats et son café, a financé la mise en place de collecteurs de capsules dans les espaces de tri sur le domaine public.

Ces deux cas ont suscité l'intérêt de plusieurs autres entreprises. Par un éco-contrat avec la Ville, la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève a incité ses membres à investir dans des cendriers d'extérieur uniformisés et à moindre coût pour les exploitants, ce qui a eu pour effet de limiter la quantité de mégots sur les trottoirs. Enfin, une grande chaîne de kiosques met désormais à disposition des collecteurs de piles usagées dans tous ses établissements.

Ces exemples ne sont qu'une illustration concrète de ce qui existe déjà actuellement. Il y a donc matière à développer ces éco-contrats en Ville, mais aussi au niveau cantonal. D'ailleurs, plusieurs communes ont repris ce système, y compris des communes à majorité de gauche, telles que Onex ou la Ville de Neuchâtel.

Vendre du vert en vendant du rêve, c'est bien. Agir concrètement pour l'environnement, à l'instar de Pierre Maudet, c'est encore mieux !

lundi, 23 avril 2012

Bayrou peut encore avoir une influence sur l'avenir de la France

Selon les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises, François Bayrou obtient moins de 10 % des voix et termine en cinquième position, derrière la candidate de l'extrême-droite et celui de l'extrême-gauche. C'est une défaite aussi amère que cinglante.

François Bayrou paie hélas aujourd'hui encore le prix de son refus de se rallier à Nicolas Sarkozy en 2007. Cette année-là, il était arrivé en troisième position derrière la candidate socialiste, avec un score de plus de 18 %.

Il avait alors deux cartes à jouer : celle de la cohérence partisane, en renonçant à donner une recommandation au 2ème tour et en donnant rendez-vous aux Français aux élections législatives, et celle de la cohérence politique, en recommandant à ses électeurs, dont il ne faut pas oublier qu'ils sont plus proches de la droite que de la gauche, de voter pour Nicolas Sarkozy au 2ème tour.

Malheureusement, François Bayrou a alors fait un choix qui l'a mené à l'isolement. Il s'est contenté de dire qu'il ne voterait pas pour le candidat de l'UMP et s'est retrouvé au milieu d'un débat télévisé contre Ségolène Royal. Par la suite, son parti, l'UDF, a implosé et le MoDem qu'il a créé dans la foulée n'est jamais parvenu à l'égaler dans les urnes.

Aujourd'hui, mon favori du premier tour, que j'ai toujours considéré comme le plus suisse des candidats aux élections présidentielles depuis 2002, est âgé de 63 ans. Il s'agissait donc probablement de sa dernière campagne à une élection présidentielle. Toutefois, il dispose encore d'une influence telle, que sa décision en vue du 2ème tour sera décisive pour l'avenir de la France.

Espérons que son choix se portera cette fois-ci sur Nicolas Sarkozy, dont il partage le souci de redresser les finances publiques et l'économie de la France, et qui en dépit de ses défauts, a fait preuve d'une réelle stature de chef d'Etat sur la scène européenne et internationale. On peut difficilement en dire autant du candidat socialiste, qui a autant de charisme que de cheveux sur la tête et dont le programme enterrerait la France pour de bon.

lundi, 26 mars 2012

Avec la candidate du PS, combien de divisions ?

Une façon d’entrer en campagne électorale consiste à faire montre de sa capacité à diviser, en tapant directement sur l’adversaire au lieu de présenter des idées. Ce faisant, on se met au niveau des populistes qu’on ne cesse de dénoncer. Et c’est ce que n’a pas manqué de faire la candidate désignée par le PS genevois samedi dernier en vue de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat du 17 juin 2012.

En effet, dans une interview publiée aujourd’hui dans Le Temps, la candidate du PS semble vouloir s’inscrire dans une logique d’opposition. L’opposition entre députés et magistrats communaux. L’opposition entre femmes et hommes. L’opposition entre jeunes et moins jeunes.

Ainsi, selon elle, « il est plus important, à mon avis, d’avoir une expérience au parlement. La meilleure qualité pour siéger au Conseil d’Etat, c’est la maîtrise des dossiers ». Ses deux ex-concurrents internes que sont les maires d’Onex et de Vernier apprécieront…

La candidate du PS poursuit ses attaques en s’en prenant ensuite à la Conseillère d’Etat en charge du DSPE : « dans la configuration actuelle, Isabel Rochat est le seul membre du Conseil d’Etat qui avait une expérience au sein d’un exécutif. Avant son élection. Et je ne ferai pas de commentaire… ». Il existe sans doute des manières plus adéquates de s’intégrer dans un collège gouvernemental qu’en dénigrant, même indirectement, ses membres déjà élus. Les féministes apprécieront également.

Un propos fort amusant d’ailleurs, venant de la part de la même candidate du PS qui déclarait, le 16 février 2009, dans La Tribune de Genève : « je vous rappelle que des conseillers d’Etat comme André Chavanne ou François Longchamp n’avaient jamais siégé au parlement. Lorsque les partis choisissent un candidat, ils font forcément un pari. Le fait d’avoir été député n’est pas une garantie qu’on sera un bon magistrat. Il est très difficile de savoir comment va se révéler une personne élue dans un Exécutif ».

Interrogée sur l’image projetée par le candidat du PLR et Maire de Genève, Pierre Maudet, la candidate du PS répond : « arithmétiquement, il a des chances mais, malgré son jeune âge, c’est un peu l’homme du passé », puis : « (rires) un père de famille de 34 ans ! Moi je suis une maman de trois enfants qui a travaillé toute sa vie. Faire de la politique, c’est aussi avoir eu des adolescents à la maison, qui vous ont remis en question ». Son ex-concurrent Manuel Tornare, ainsi que sa potentielle future concurrente Sandrine Salerno, maman de deux fillettes en bas âge, apprécieront aussi.

Voilà une bien belle offense à l’endroit des jeunes parents, au demeurant peu représentés dans les sphères politiques compte tenu de la difficulté de rendre compatibles la vie de famille, la carrière professionnelle et un engagement politique ! Est-ce ainsi que le PS considère les familles ?

Comme le déclare Manuel Tornare dans le 20 Minutes de ce jour : « finalement, au PS, on remplace la lutte des classes par la lutte des genres ! ». Autrement dit, quand on n’a plus d’idées, on se replie sur des questions de personne.

Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut se souvenir des propos de Manuel Tornare en avril 2007 sur Léman Bleu, retranscrits le 24 janvier 2009 dans Le Temps : « si véritablement, à l’interne, on présente des potiches ou des gens simplement parce qu’elles sont des femmes et qu’on veut se donner bonne conscience en présentant une femme, eh bien je serai candidat. A moins qu’il y ait des femmes de grande qualité ». En 2009 comme en 2012, Manuel Tornare a finalement présenté sa candidature contre la candidate du PS, ce qui en dit d’ailleurs long sur l’estime qu’il lui porte.

On récapitule. La candidate du PS tâcle les jeunes, les familles, les femmes de droite, les hommes de gauche, la droite en général et le centre-droit en particulier, les magistrats communaux, les non-parlementaires… Ce qui commence à faire du monde. Et ce qui démontre que la candidate du PS n’a visiblement pas compris que l’enjeu de cette élection, ce n’est pas un changement de majorité, mais bien un changement de climat.

 

jeudi, 15 mars 2012

Le rendez-vous manqué des Vert apostrophe libéraux genevois

Hier soir, malgré plusieurs invitations au dialogue du PLR, le Parti Vert'libéral genevois a pris la décision de lancer son président dans la course à l'élection complémentaire du Conseil d'Etat du 17 juin prochain. Dont acte.

Quelques jours plus tôt, dans le canton de Vaud, au lendemain d'une élection au Grand Conseil qui a vu le PVL obtenir 7 sièges sur 150, ce parti a modestement renoncé à ses prétentions gouvernementales en soutenant le 4ème candidat de la droite, l'UDC Claude-Alain Voiblet, en vue du deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat. Il en va de même du PDC, dont le mieux élu de ses députés, Claude Béglé, a déclaré dans la presse : "je ne voudrais surtout pas qu'une candidature centriste au second tour puisse perturber le jeu entre les principaux protagonistes de cette compétition".

Le contraste avec l'attitude des Verts'libéraux du canton de Genève est saisissant. Cette jeune formation, qui ne compte que 11 représentants dans les conseils municipaux, dont 2 ont été élus sur une liste du PLR, ne dispose d'aucun élu au Grand Conseil.

Par ailleurs, alors que sa liste pour l'élection du Conseil national d'octobre dernier était apparentée à celles du PDC et du PLR, ce parti prend désormais le double risque de s'isoler de la droite, et surtout de créer les conditions favorables à un basculement à gauche du Conseil d'Etat. En effet, dans un contexte d'élection triangulaire, les quelques pour-cent des voix que les Vert'libéraux peuvent espérer atteindre pourraient priver le candidat de la droite des voix nécessaires pour passer devant le candidat de la gauche.

Les motivations de ce parti à briguer la succession de Mark Muller sont par ailleurs fort surprenantes. On lit dans la presse de ce jour que c'est l'opportunité de "se faire connaître" et l'existence médiatique qui ont justifié la décision du PVL genevois. On peut également se demander si la candidature du président du PVL est tout à fait dépourvue de vieilles rancunes personnelles à l'égard du PLR.

En tant que membre de l'association Écologie libérale, fondée entre autres par Isabelle Chevalley, fer de lance des Vert'libéraux vaudois, et… Pierre Maudet, je ne peux que regretter cette occasion manquée d'accueillir à bras ouverts le PVL genevois dans une droite unie pour gagner.

jeudi, 01 mars 2012

Reconstuire le Conseil d'Etat

Le 17 juin 2012, les Genevoises et les Genevois seront appelés à élire un nouveau membre du Conseil d'Etat en remplacement de Mark Muller.

D'aucuns imaginent que ce vote est une simple élection complémentaire. Il n'en est rien.

En réalité, l'affaire qui a agité le microcosme politico-médiatique genevois au cours des deux premiers mois de l'année 2012 a mis en évidence un grave problème de gouvernance.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le relever, la décision d'envoyer un "expert" guigner dans l'accord passé entre Mark Muller et "le barman" est juridiquement et politiquement infondée.

Le Conseil d'Etat, à l'instar des autres gouvernements cantonaux et du Conseil fédéral, est sensé être une autorité collégiale. Et dans le mot "collégialité", il y a le mot "solidarité".

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette solidarité gouvernementale a été mise à mal à plusieurs reprises durant la présente législature. Au détriment de Mark Muller, mais aussi d'Isabel Rochat et de Michèle Künzler.

Or, un gouvernement qui n'est pas solidaire ne peut pas gouverner efficacement, que ce soit dans un système avec une majorité et une opposition ou dans un système collégial.

Dès lors, il apparaît plus que jamais nécessaire qu'une personnalité crédible, expérimentée et fidèle aux institutions et à leur fonctionnement succède à Mark Muller.

Hélas, à ce jour, alors que chez les uns, le seul critère décisif semble être le genre, chez les autres, on n'hésite pas à présenter un candidat qui brille par son incapacité à contenir ses émotions.

Aujourd'hui, Genève a besoin d'une personne susceptible de s'intégrer pleinement dans l'équipe gouvernementale, et non pas d'une diva ou d'un provocateur.

mercredi, 29 février 2012

Merci, Monsieur le Conseiller d'Etat Mark Muller !

Nous sommes le 29 février 2012. Pour Mark Muller, c'est sa dernière journée de travail en qualité de Conseiller d'Etat.

Oui, journée de travail. Parce que ce je retiens du passage de Mark Muller au gouvernement genevois, ce ne sont pas les affaires qui ont pitoyablement défrayé la chronique, mais bien son engagement au service des habitants de notre canton.

Le plein succès du déroulement de l'Eurofoot 2008 à Genève, c'est lui.

Le lancement du chantier du CEVA, c'est lui.

Le déclassement du site Praille-Acacias-Vernets (PAV) et le lancement du projet Pont-Rouge, c’est lui.

La nomination d’un architecte cantonal, c’est lui.

La création d'un écoquartier aux Cherpines-Charotton, c'est lui.

La réalisation des surélévations d'immeubles pour créer du logement en ville, c'est lui.

La création rapide de 100 places supplémentaires à la prison de Champ-Dollon, c'est lui, avec Isabel Rochat.

La pose de panneaux solaires sur les toits des immeubles de l'Etat, c'est lui, avec Isabel Rochat également.

Il y a de cela encore deux semaines, l'affaire dite du Moulin à danses était réglée. Un accord, c’est-à-dire une manifestation réciproque et concordante des volontés de deux personnes, a été signé entre Mark Muller et celui qu'on appelle vulgairement "le barman", comme s'il n'avait ni nom, ni prénom. Aux termes de cet accord, les parties ont convenu de ne rien révéler du montant versé par l'une à l'autre, et c'était là leur droit.

Au nom de quoi et en vertu de quelle base légale le Conseil d'Etat s'est-il permis de désigner un "expert" pour s'immiscer dans cet accord qui, rappelons-le, a été passé sous seing privé ? De quel droit le gouvernement s'est-il permis de demander la levée de la confidentialité voulue et décidée par les personnes concernées ?

Depuis 48 heures, avant même que le mandat de Mark Muller ait pris fin, d'aucuns dansent debout sur son bureau et les spéculations sur les candidatures qui seront déposées dans les prochains jours et semaines vont bon train. Même mon nom a été cité.

Je suis très flatté d'être considéré par certains comme un papable au Conseil d'Etat et je suis très touché des nombreux encouragements que j'ai reçus à ce titre.

Cependant, je ne suis pas candidat.

Aujourd'hui, je veux surtout remercier Mark Muller et lui souhaiter bon vent dans le cadre de ses futurs projets personnels et professionnels.

Murat Julian Alder

 

mercredi, 14 septembre 2011

Une nouvelle constitution par amour de Genève

Article paru dans Le Nouveau Genevois de septembre 2011

"Pour moi c'est clair, je voterai non à la nouvelle constitution." Voilà ce que l'on entend trop souvent depuis une année dans le cadre du processus de révision totale de la constitution genevoise. Pourtant, ceux qui s’expriment de la sorte n’ont généralement pas lu le moindre article de l’avant-projet du 13 janvier 2011. Ce sont davantage les jérémiades médiatisées de certains groupes que le véritable contenu de ce premier brouillon, qui ont eu pour effet de créer un tel climat d’hostilité envers la Constituante.

À moins d'une année de la fin de ses travaux, la Constituante entre désormais dans une phase décisive. Dès septembre prochain, elle siégera exclusivement en séances plénières. Ce texte fera l’objet de trois lectures entre l’automne et le printemps prochains, avant d’être soumis au vote du peuple le 14 octobre 2012.

Les principaux désaccords sont connus. Pour résumer, il s’agit pour la gauche de la suppression du droit au logement et de l’interdiction du nucléaire, et de l’introduction de l’incompatibilité élective des fonctionnaires, du frein à la pénurie de logement et du frein à l’endettement. Pour les groupes de l’Entente, il s’agit de la réduction du nombre de signatures pour les initiatives populaires et les demandes de référendum, de la diminution des pouvoirs du Conseil d’Etat, de l’introduction d’un droit de résistance à l’oppression et d’un salaire parental, de la suppression de la complémentarité des modes de transport et d’un catalogue trop long des tâches de l’Etat. Pour l’UDC et le MCG, il s’agit essentiellement de l’éligibilité communale des étrangers.

Aujourd’hui, aucun parti n’est en mesure de soutenir l’avant-projet. Il est donc nécessaire de trouver un compromis solide entre les partis gouvernementaux, en tentant de rallier autant que possible les autres groupes si l’on veut réussir l’exercice.

Comment ? En rappelant à la Constituante sa véritable mission : rédiger une nouvelle constitution cantonale. C’est bien en prenant conscience qu’elle ne peut pas faire tout et n’importe quoi qu’elle atteindra son objectif. Une limite majeure se trouve dans les décisions populaires de ces 25 dernières années, soit la durée d’une génération.

En d’autres termes, dans une dynamique de compromis, la Constituante est politiquement condamnée à conserver l’esprit des articles les plus sensibles de la constitution actuelle, tout en les épurant des détails qui n’ont pas à figurer dans la constitution, mais dans la loi. Dans le domaine de l’énergie par exemple, cela signifie que l’opposition au nucléaire peut être maintenue dans le texte constitutionnel, mais que l’interdiction du chauffage électrique n’a rien à y faire.

Par ailleurs, lorsqu’une question particulièrement sensible n’a pas besoin d’être tranchée par la constitution, la Constituante peut prévoir des délégations au législateur ou un vote avec variante, ce qui a été confirmé par un avis de droit du Professeur Andreas Auer en novembre 2010. En procédant ainsi, elle évitera de surcharger le texte constitutionnel avec des innovations pouvant à elles seules faire échouer l’intégralité du processus de révision totale. Ainsi, même si le courage et le respect de la technique constitutionnelle commandent de procéder autrement, la question des droits politiques des étrangers pourrait être traitée de manière à laisser au peuple le choix entre le statu quo (droit de vote communal) et une variante (droit de vote et éligibilité communaux).

Genève n’a pas le droit d’échouer là où tous les autres cantons ont réussi au cours des quarante dernières années. C’est pourquoi, en sa qualité de parti fondateur des institutions genevoises et suisses, le PLR doit jouer un rôle déterminant durant cette dernière phase de travaux, en ouvrant des discussions avec les partis de sa gauche comme de sa droite et viser une claire majorité populaire en 2012.