lundi, 25 août 2008

Augmenter le pouvoir d’achat des familles

Concilier harmonieusement la vie de famille et la profession est de plus en plus difficile. Les contraintes liées au monde du travail se font de plus en plus nombreuses. Dans beaucoup de familles, les deux parents doivent travailler à plein temps pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. Si chaque couple est libre de fonder une famille et de s'organiser, avoir des enfants est malheureusement devenu une question financière, ce qui ne saurait être toléré par l'Etat.

Aux termes de l'article 2B de l'actuelle Constitution genevoise, « La famille est la cellule fondamentale de la société. Son rôle dans la communauté doit être renforcé ». Certes.

Cependant, force est de constater qu'en Suisse, les familles ne sont franchement pas gâtées. Il aura fallu plus de cinquante ans pour mettre en oeuvre une assurance-maternité. Il est hors de question d'attendre cinquante autres années pour prendre les mesures qui s'imposent pour renforcer les familles, diminuer leurs contraintes et augmenter leur pouvoir d'achat. Genève peut réussir ce pari.

L'Assemblée constituante qui sera élue le 19 octobre 2008 devra accorder une importance particulière à la famille, mais pas seulement en tant qu'institution sociale. Il s'agira pour elle d'agir concrètement sur les charges qui pèsent comme une épée de Damoclès sur le portefeuille des familles.

En d'autres termes, cela passe par une baisse substantielle des impôts sur les personnes physiques, en prévoyant, dans la nouvelle constitution genevoise :

- le modèle dit du « splitting fiscal » ou de l'imposition individuelle, plus favorable que le système actuel, en raison de la progressivité de l'impôt pour les couples mariés ;

- la déduction de tous les frais de garde des enfants jusqu'à leur entrée à l'école ;

- l'exonération de tout impôt sur les allocations familiales ;

- l'interdiction de tout impôt sur les successions en ligne directe (en particulier entre époux, entre parents et enfants, et entre frères et soeurs).

Par ailleurs, afin de permettre à tous de mieux concilier la famille et le travail, la nouvelle constitution genevoise devra prévoir le droit à l’accueil continu dans les écoles publiques, soit la prise en charge des enfants par l'école du matin à la fin de l'après-midi, pour les familles qui le désirent, et ce, à coût modéré.

Enfin, il est indispensable de sensibiliser les entreprises à ces enjeux, en prévoyant dans un article constitutionnel consacré aux crèches, la possibilité pour les entreprises de déduire les frais qu'elles engagent pour créer des crèches sur le territoire du canton.