jeudi, 01 mars 2012

Reconstuire le Conseil d'Etat

Le 17 juin 2012, les Genevoises et les Genevois seront appelés à élire un nouveau membre du Conseil d'Etat en remplacement de Mark Muller.

D'aucuns imaginent que ce vote est une simple élection complémentaire. Il n'en est rien.

En réalité, l'affaire qui a agité le microcosme politico-médiatique genevois au cours des deux premiers mois de l'année 2012 a mis en évidence un grave problème de gouvernance.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le relever, la décision d'envoyer un "expert" guigner dans l'accord passé entre Mark Muller et "le barman" est juridiquement et politiquement infondée.

Le Conseil d'Etat, à l'instar des autres gouvernements cantonaux et du Conseil fédéral, est sensé être une autorité collégiale. Et dans le mot "collégialité", il y a le mot "solidarité".

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette solidarité gouvernementale a été mise à mal à plusieurs reprises durant la présente législature. Au détriment de Mark Muller, mais aussi d'Isabel Rochat et de Michèle Künzler.

Or, un gouvernement qui n'est pas solidaire ne peut pas gouverner efficacement, que ce soit dans un système avec une majorité et une opposition ou dans un système collégial.

Dès lors, il apparaît plus que jamais nécessaire qu'une personnalité crédible, expérimentée et fidèle aux institutions et à leur fonctionnement succède à Mark Muller.

Hélas, à ce jour, alors que chez les uns, le seul critère décisif semble être le genre, chez les autres, on n'hésite pas à présenter un candidat qui brille par son incapacité à contenir ses émotions.

Aujourd'hui, Genève a besoin d'une personne susceptible de s'intégrer pleinement dans l'équipe gouvernementale, et non pas d'une diva ou d'un provocateur.

mercredi, 29 février 2012

Merci, Monsieur le Conseiller d'Etat Mark Muller !

Nous sommes le 29 février 2012. Pour Mark Muller, c'est sa dernière journée de travail en qualité de Conseiller d'Etat.

Oui, journée de travail. Parce que ce je retiens du passage de Mark Muller au gouvernement genevois, ce ne sont pas les affaires qui ont pitoyablement défrayé la chronique, mais bien son engagement au service des habitants de notre canton.

Le plein succès du déroulement de l'Eurofoot 2008 à Genève, c'est lui.

Le lancement du chantier du CEVA, c'est lui.

Le déclassement du site Praille-Acacias-Vernets (PAV) et le lancement du projet Pont-Rouge, c’est lui.

La nomination d’un architecte cantonal, c’est lui.

La création d'un écoquartier aux Cherpines-Charotton, c'est lui.

La réalisation des surélévations d'immeubles pour créer du logement en ville, c'est lui.

La création rapide de 100 places supplémentaires à la prison de Champ-Dollon, c'est lui, avec Isabel Rochat.

La pose de panneaux solaires sur les toits des immeubles de l'Etat, c'est lui, avec Isabel Rochat également.

Il y a de cela encore deux semaines, l'affaire dite du Moulin à danses était réglée. Un accord, c’est-à-dire une manifestation réciproque et concordante des volontés de deux personnes, a été signé entre Mark Muller et celui qu'on appelle vulgairement "le barman", comme s'il n'avait ni nom, ni prénom. Aux termes de cet accord, les parties ont convenu de ne rien révéler du montant versé par l'une à l'autre, et c'était là leur droit.

Au nom de quoi et en vertu de quelle base légale le Conseil d'Etat s'est-il permis de désigner un "expert" pour s'immiscer dans cet accord qui, rappelons-le, a été passé sous seing privé ? De quel droit le gouvernement s'est-il permis de demander la levée de la confidentialité voulue et décidée par les personnes concernées ?

Depuis 48 heures, avant même que le mandat de Mark Muller ait pris fin, d'aucuns dansent debout sur son bureau et les spéculations sur les candidatures qui seront déposées dans les prochains jours et semaines vont bon train. Même mon nom a été cité.

Je suis très flatté d'être considéré par certains comme un papable au Conseil d'Etat et je suis très touché des nombreux encouragements que j'ai reçus à ce titre.

Cependant, je ne suis pas candidat.

Aujourd'hui, je veux surtout remercier Mark Muller et lui souhaiter bon vent dans le cadre de ses futurs projets personnels et professionnels.

Murat Julian Alder