mardi, 05 août 2008

Obama, un pur libéral-radical !

Les élections présidentielles françaises et américaines déchaînent les passions jusque dans nos bistrots genevois. Récemment, un ami m'a demandé : « comment peux-tu voter pour Daniel Zappelli, tout en admirant Barack Obama ? ».

J'avais envie de lui répondre : « parce que Barack Obama voterait sans doute pour Daniel Zappelli s'il était Genevois ».

Obama, un gauchiste ? C’est méconnaître la politique américaine d’attribuer une telle étiquette à celui qui réellement incarne la rupture avec l’ère Bush.

Aux Etats-Unis, l’axe gauche-droite est moins lié au rôle de l’Etat qu’aux valeurs morales que peuvent défendre les partis. Ainsi, ceux qui se battent pour ce qui est désormais acquis en Europe, soit l’abolition de la peine de mort, le droit à l’avortement ou la reconnaissance des couples homosexuels, sont regroupés sous l’adjectif « liberal », mot qui, en anglais américain, a une connotation aussi péjorative que « gauchiste » en français.

Certes, il existe une aile gauche au parti démocrate. Elle n’en demeure pas moins minoritaire, et surtout, incapable d’imposer un candidat rassembleur à l’élection présidentielle américaine.

Les démocrates sont aux Etats-Unis ce que les libéraux et les radicaux sont à la Suisse : des partis qui se caractérisent par leur pragmatisme. Si l’économie est naturellement au centre de leurs préoccupations, c’est aussi parce que la justice sociale et la protection de l’environnement, qui leur tiennent également à cœur, en dépendent.

Voter Obama, c’est peut-être « empêcher une troisième présidence Bush ».

Voter Obama, c’est probablement manifester sa volonté de changement.

Mais voter Obama, c’est surtout adhérer aux valeurs libérales-radicales !