lundi, 18 juin 2012

Un formidable élan citoyen

Lors de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin 2012, près de 40 % des Genevois ont porté leurs suffrages sur la candidature de Pierre Maudet. Celui qui a été le plus jeune Maire que la Ville de Genève ait connu devient ainsi le plus jeune Conseiller d'Etat genevois de tous les temps.

Trois facteurs expliquent ce triomphe.

En premier lieu, la personnalité et la popularité du candidat de l'Entente. Un homme droit, digne de confiance, dynamique, compétent et qui a toujours su convaincre en dépassant les clivages politiques traditionnels.

En deuxième lieu, l'attachement des Genevois à l'équilibre des forces politiques en présence en cours de législature. Pour rappel, après l'élection de Micheline Calmy-Rey au Conseil fédéral, même des communes qui votent traditionnellement à droite avaient élu son successeur Charles Beer lors de l'élection complémentaire de début 2003.

Enfin, en troisième lieu, l'exceptionnel engagement des militants du PLR et du PDC sur le terrain d'une bataille qui avait aussi pour enjeu leur honneur. Qu'ils en soient dûment remerciés !

Je suis heureux et fier d'avoir participé à ce formidable élan citoyen aux côtés de Pierre Maudet et lui souhaite bon vent au Conseil d'Etat.

Et maintenant, place aux débats autour de la nouvelle constitution genevoise !

lundi, 26 mars 2012

Avec la candidate du PS, combien de divisions ?

Une façon d’entrer en campagne électorale consiste à faire montre de sa capacité à diviser, en tapant directement sur l’adversaire au lieu de présenter des idées. Ce faisant, on se met au niveau des populistes qu’on ne cesse de dénoncer. Et c’est ce que n’a pas manqué de faire la candidate désignée par le PS genevois samedi dernier en vue de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat du 17 juin 2012.

En effet, dans une interview publiée aujourd’hui dans Le Temps, la candidate du PS semble vouloir s’inscrire dans une logique d’opposition. L’opposition entre députés et magistrats communaux. L’opposition entre femmes et hommes. L’opposition entre jeunes et moins jeunes.

Ainsi, selon elle, « il est plus important, à mon avis, d’avoir une expérience au parlement. La meilleure qualité pour siéger au Conseil d’Etat, c’est la maîtrise des dossiers ». Ses deux ex-concurrents internes que sont les maires d’Onex et de Vernier apprécieront…

La candidate du PS poursuit ses attaques en s’en prenant ensuite à la Conseillère d’Etat en charge du DSPE : « dans la configuration actuelle, Isabel Rochat est le seul membre du Conseil d’Etat qui avait une expérience au sein d’un exécutif. Avant son élection. Et je ne ferai pas de commentaire… ». Il existe sans doute des manières plus adéquates de s’intégrer dans un collège gouvernemental qu’en dénigrant, même indirectement, ses membres déjà élus. Les féministes apprécieront également.

Un propos fort amusant d’ailleurs, venant de la part de la même candidate du PS qui déclarait, le 16 février 2009, dans La Tribune de Genève : « je vous rappelle que des conseillers d’Etat comme André Chavanne ou François Longchamp n’avaient jamais siégé au parlement. Lorsque les partis choisissent un candidat, ils font forcément un pari. Le fait d’avoir été député n’est pas une garantie qu’on sera un bon magistrat. Il est très difficile de savoir comment va se révéler une personne élue dans un Exécutif ».

Interrogée sur l’image projetée par le candidat du PLR et Maire de Genève, Pierre Maudet, la candidate du PS répond : « arithmétiquement, il a des chances mais, malgré son jeune âge, c’est un peu l’homme du passé », puis : « (rires) un père de famille de 34 ans ! Moi je suis une maman de trois enfants qui a travaillé toute sa vie. Faire de la politique, c’est aussi avoir eu des adolescents à la maison, qui vous ont remis en question ». Son ex-concurrent Manuel Tornare, ainsi que sa potentielle future concurrente Sandrine Salerno, maman de deux fillettes en bas âge, apprécieront aussi.

Voilà une bien belle offense à l’endroit des jeunes parents, au demeurant peu représentés dans les sphères politiques compte tenu de la difficulté de rendre compatibles la vie de famille, la carrière professionnelle et un engagement politique ! Est-ce ainsi que le PS considère les familles ?

Comme le déclare Manuel Tornare dans le 20 Minutes de ce jour : « finalement, au PS, on remplace la lutte des classes par la lutte des genres ! ». Autrement dit, quand on n’a plus d’idées, on se replie sur des questions de personne.

Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut se souvenir des propos de Manuel Tornare en avril 2007 sur Léman Bleu, retranscrits le 24 janvier 2009 dans Le Temps : « si véritablement, à l’interne, on présente des potiches ou des gens simplement parce qu’elles sont des femmes et qu’on veut se donner bonne conscience en présentant une femme, eh bien je serai candidat. A moins qu’il y ait des femmes de grande qualité ». En 2009 comme en 2012, Manuel Tornare a finalement présenté sa candidature contre la candidate du PS, ce qui en dit d’ailleurs long sur l’estime qu’il lui porte.

On récapitule. La candidate du PS tâcle les jeunes, les familles, les femmes de droite, les hommes de gauche, la droite en général et le centre-droit en particulier, les magistrats communaux, les non-parlementaires… Ce qui commence à faire du monde. Et ce qui démontre que la candidate du PS n’a visiblement pas compris que l’enjeu de cette élection, ce n’est pas un changement de majorité, mais bien un changement de climat.

 

jeudi, 15 mars 2012

Le rendez-vous manqué des Vert apostrophe libéraux genevois

Hier soir, malgré plusieurs invitations au dialogue du PLR, le Parti Vert'libéral genevois a pris la décision de lancer son président dans la course à l'élection complémentaire du Conseil d'Etat du 17 juin prochain. Dont acte.

Quelques jours plus tôt, dans le canton de Vaud, au lendemain d'une élection au Grand Conseil qui a vu le PVL obtenir 7 sièges sur 150, ce parti a modestement renoncé à ses prétentions gouvernementales en soutenant le 4ème candidat de la droite, l'UDC Claude-Alain Voiblet, en vue du deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat. Il en va de même du PDC, dont le mieux élu de ses députés, Claude Béglé, a déclaré dans la presse : "je ne voudrais surtout pas qu'une candidature centriste au second tour puisse perturber le jeu entre les principaux protagonistes de cette compétition".

Le contraste avec l'attitude des Verts'libéraux du canton de Genève est saisissant. Cette jeune formation, qui ne compte que 11 représentants dans les conseils municipaux, dont 2 ont été élus sur une liste du PLR, ne dispose d'aucun élu au Grand Conseil.

Par ailleurs, alors que sa liste pour l'élection du Conseil national d'octobre dernier était apparentée à celles du PDC et du PLR, ce parti prend désormais le double risque de s'isoler de la droite, et surtout de créer les conditions favorables à un basculement à gauche du Conseil d'Etat. En effet, dans un contexte d'élection triangulaire, les quelques pour-cent des voix que les Vert'libéraux peuvent espérer atteindre pourraient priver le candidat de la droite des voix nécessaires pour passer devant le candidat de la gauche.

Les motivations de ce parti à briguer la succession de Mark Muller sont par ailleurs fort surprenantes. On lit dans la presse de ce jour que c'est l'opportunité de "se faire connaître" et l'existence médiatique qui ont justifié la décision du PVL genevois. On peut également se demander si la candidature du président du PVL est tout à fait dépourvue de vieilles rancunes personnelles à l'égard du PLR.

En tant que membre de l'association Écologie libérale, fondée entre autres par Isabelle Chevalley, fer de lance des Vert'libéraux vaudois, et… Pierre Maudet, je ne peux que regretter cette occasion manquée d'accueillir à bras ouverts le PVL genevois dans une droite unie pour gagner.

mercredi, 14 septembre 2011

Une nouvelle constitution par amour de Genève

Article paru dans Le Nouveau Genevois de septembre 2011

"Pour moi c'est clair, je voterai non à la nouvelle constitution." Voilà ce que l'on entend trop souvent depuis une année dans le cadre du processus de révision totale de la constitution genevoise. Pourtant, ceux qui s’expriment de la sorte n’ont généralement pas lu le moindre article de l’avant-projet du 13 janvier 2011. Ce sont davantage les jérémiades médiatisées de certains groupes que le véritable contenu de ce premier brouillon, qui ont eu pour effet de créer un tel climat d’hostilité envers la Constituante.

À moins d'une année de la fin de ses travaux, la Constituante entre désormais dans une phase décisive. Dès septembre prochain, elle siégera exclusivement en séances plénières. Ce texte fera l’objet de trois lectures entre l’automne et le printemps prochains, avant d’être soumis au vote du peuple le 14 octobre 2012.

Les principaux désaccords sont connus. Pour résumer, il s’agit pour la gauche de la suppression du droit au logement et de l’interdiction du nucléaire, et de l’introduction de l’incompatibilité élective des fonctionnaires, du frein à la pénurie de logement et du frein à l’endettement. Pour les groupes de l’Entente, il s’agit de la réduction du nombre de signatures pour les initiatives populaires et les demandes de référendum, de la diminution des pouvoirs du Conseil d’Etat, de l’introduction d’un droit de résistance à l’oppression et d’un salaire parental, de la suppression de la complémentarité des modes de transport et d’un catalogue trop long des tâches de l’Etat. Pour l’UDC et le MCG, il s’agit essentiellement de l’éligibilité communale des étrangers.

Aujourd’hui, aucun parti n’est en mesure de soutenir l’avant-projet. Il est donc nécessaire de trouver un compromis solide entre les partis gouvernementaux, en tentant de rallier autant que possible les autres groupes si l’on veut réussir l’exercice.

Comment ? En rappelant à la Constituante sa véritable mission : rédiger une nouvelle constitution cantonale. C’est bien en prenant conscience qu’elle ne peut pas faire tout et n’importe quoi qu’elle atteindra son objectif. Une limite majeure se trouve dans les décisions populaires de ces 25 dernières années, soit la durée d’une génération.

En d’autres termes, dans une dynamique de compromis, la Constituante est politiquement condamnée à conserver l’esprit des articles les plus sensibles de la constitution actuelle, tout en les épurant des détails qui n’ont pas à figurer dans la constitution, mais dans la loi. Dans le domaine de l’énergie par exemple, cela signifie que l’opposition au nucléaire peut être maintenue dans le texte constitutionnel, mais que l’interdiction du chauffage électrique n’a rien à y faire.

Par ailleurs, lorsqu’une question particulièrement sensible n’a pas besoin d’être tranchée par la constitution, la Constituante peut prévoir des délégations au législateur ou un vote avec variante, ce qui a été confirmé par un avis de droit du Professeur Andreas Auer en novembre 2010. En procédant ainsi, elle évitera de surcharger le texte constitutionnel avec des innovations pouvant à elles seules faire échouer l’intégralité du processus de révision totale. Ainsi, même si le courage et le respect de la technique constitutionnelle commandent de procéder autrement, la question des droits politiques des étrangers pourrait être traitée de manière à laisser au peuple le choix entre le statu quo (droit de vote communal) et une variante (droit de vote et éligibilité communaux).

Genève n’a pas le droit d’échouer là où tous les autres cantons ont réussi au cours des quarante dernières années. C’est pourquoi, en sa qualité de parti fondateur des institutions genevoises et suisses, le PLR doit jouer un rôle déterminant durant cette dernière phase de travaux, en ouvrant des discussions avec les partis de sa gauche comme de sa droite et viser une claire majorité populaire en 2012.

 

lundi, 15 août 2011

Le soldat au service de la Patrie, l'Etat au service du citoyen

Au XXIème siècle, si le soldat doit demeurer au service de la Patrie, l'Etat doit lui se mettre au service du citoyen. Depuis toujours, le PLR défend la vision d'un Etat moderne, c'est-à-dire une administration qui ne traite pas les gens comme des administrés ou du bétail, mais bien comme des clients et des usagers qui paient pour un service par le biais des impôts.

Trouvez-vous normal que dans certains cantons il faille remplir plusieurs dizaines de formulaires pour ouvrir un restaurant et payer tout autant de taxes? Trouvez-vous normal que l'administration fédérale ait osé envisager une loi sur la manière dont les grands-parents et les oncles et tantes doivent garder leurs petits-enfants, respectivement leurs neveux et nièces ? Trouvez-vous normal de consacrer des heures et des heures à remplir votre déclaration d'impôts ? Trouvez-vous normal que l'administration ne soit pas joignable comme toute entreprise, soit tous les jours de semaine de 08:00 à 12:00 et de 14:00 à 18:00 ? Enfin, trouvez-vous normal que les salariés de l'Etat disposent de privilèges par rapport à celles et ceux qui travaillent dans le secteur privé ?

Pour les libéraux-radicaux, ces choses-là n'ont rien de normal et nous voulons que cela change. C'est pourquoi nous avons lancé une initiative populaire contre la bureaucratie. Nous voulons que l'Etat se comporte de manière responsable, comme une entreprise. Nous voulons que l'Etat traite les gens avec considération. Nous voulons que les démarches administratives, tant pour les particuliers que pour les entreprises, soient réduites au strict nécessaire et toutes accessibles par voie électronique. Nous voulons une fiscalité favorable aux familles ainsi qu'aux entreprises qui créent des emplois et des places d'apprentissage. Nous voulons une déclaration d'impôts qui tienne sur une seule feuille au format A4. Nous voulons que les salariés du secteur public et du secteur privé soient mis sur un pied d'égalité en abolissant le statut de fonctionnaire, à l'exception des métiers qui sont au coeur de l'action de l'Etat et qui impliquent des compétences spéciales, tels que les enseignants, les professionnels de la santé et les policiers.

En d'autres termes, ce que nous voulons, c'est que l'Etat entre enfin dans le XXIème siècle.